Poubelle nucléaire à Bure : résistons au double passage en force du Gouvernement

Communiqué du groupe LFI

Dans la droite ligne de toute son histoire, le projet Cigéo d’enfouissement des déchets nucléaires dans la Meuse est marqué par deux nouveaux passages en force. D’une part, l’avancement de l’enquête publique, d’autre part, l’expulsion manu militari des opposant.es habitant la gare désaffectée de Luméville-en-Ornois.

Alors que la demande d’autorisation de création (DAC) du projet Cigéo est en cours d’instruction, le Préfet Xavier Delarue a annoncé que l’enquête publique prévue pour cet automne se tiendrait finalement du 18 mai au 2 juillet. Un décalage décidé sans aucune concertation préalable avec les parties prenantes, alors que la DAC conditionne le lancement de la « phase industrielle pilote », soit la construction des installations souterraines et de surface, et le stockage des premiers colis de déchets radioactifs. 

Le Haut comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire (HCTISN) rappelle que 

« cette enquête doit garantir à toute personne l’accès à une information disponible, complète et compréhensible, ainsi que la possibilité de participer à l’élaboration de la décision, conformément à la Charte de l’environnement adossée à la constitution française ». Or, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra, qui porte le projet) n’a toujours pas répondu aux dizaines de questions formulées par l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) qui portent sur des éléments fondamentaux de sûreté du projet, c’est-à-dire sur sa possibilité même. Raison pour laquelle le Comité local d’information et de suivi (CLIS) de Bure s’est prononcé contre l’avancement de l’enquête publique. Idem pour l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) qui n’aura pas pu remettre son rapport en amont.

Ce passage en force contre nos institutions se double de la préparation d’une intervention brutale contre les opposant.es au projet, puisque le Préfet a interdit la manifestation prévue dimanche et menace d’expulser les occupant.es de la gare désaffectée de Luméville.

Le groupe de la France insoumise condamne ce double passage en force. Il demande que les habitant.es de la gare de Luméville soient laissés tranquilles, que la liberté de manifester soit garantie et que l’enquête publique soit repoussée. La peur des élections de 2027 par les macronistes et la filière nucléaire ne saurait servir de prétexte à cette accélération brutale et antidémocratique du calendrier d’un chantier prévu pour durer près de deux siècles.

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