Pourquoi il faut une vision claire et forte pour l’industrie française

Le 29 août,
Il y a un mois, le gouvernement annonçait la nationalisation transitoire des chantiers navals de Saint-Nazaire. A cette occasion, l’industrie s’est trouvée au cœur du débat public après une période électorale dont elle fut hélas absente. Au-delà de cette décision nécessaire pour STX France, il faut une vision globale, claire et forte pour l’industrie française.
On ne dira jamais assez les dégâts causés par l’idéologie post-industrielle qui irrigua la pensée économique de la fin des années 1970 à la crise de 2008, aux Etats-Unis et en Europe, à l’exception constante de l’Allemagne.
Le quinquennat précédent, c’est l’un de ses apports, avait fait du défi productif une urgence. L’industrie représente dans notre pays 80% de la recherche privée et les trois-quarts des exportations. Sans elle, pas de création durable d’emploi ni de ressources pérennes pour la protection sociale, pas d’aménagement des territoires ni de réelle pesée dans le concert des nations. Sans oublier l’enjeu démocratique: là où l’industrie décroît, l’extrême droite et l’abstention progressent.
Sous l’effet du Pacte de responsabilité, du CICE, du crédit d’impôt recherche sanctuarisé, de la banque publique d’investissement (bpifrance), des plans de la Nouvelle France industrielle, des investissements d’avenir accrus, et d’une conjoncture plus favorable, aujourd’hui des résultats sont là: les marges des entreprises sont regonflées et l’investissement redémarre. Selon l’INSEE, les dépenses d’investissement des industriels pourraient croître de 7% cette année.
Diversifier l’investissement
La politique industrielle doit rester une priorité. La concurrence mondiale est féroce. L’économie de l’immatériel percute l’organisation de la production et du travail. Produire bas carbone est d’intérêt humain. Aux réalités globales s’ajoutent des données hexagonales: trop peu d’entreprises exportatrices et de brevets déposés.
L’investissement, clé de voûte de la réindustrialisation, doit être diversifié, notamment en direction des PME pour diffuser la culture numérique en leur sein, mais aussi déconcentré afin de ne pas se limiter à une partie des entreprises, des activités ou des territoires. Il doit être matériel – machines, logiciels, services – et humain – pour renforcer la formation professionnelle initiale et continue, anticiper et accompagner les transitions professionnelles grâce à des sécurités nouvelles pour les salariés. Leurs qualifications et leurs savoir-faire sont la première richesse d’une entreprise. Tel devrait être le sens d’une véritable réflexion sur le travail à l’heure de la mondialisation déloyale et de la révolution digitale. C’était la raison d’être du Compte personnel d’activité mis en place en janvier dernier.
En matière d’investissement, toute la chaine de valeur est à irriguer – le soutien aux sous-traitants est décisif –, comme toutes les infrastructures: réseau ferré, très haut débit, équipements portuaires. Côté financement, la priorité aux PME pour qu’elles investissent, innovent, exportent, embauchent, est à conforter. A cet égard, prolonger la mesure de suramortissement mise en place en 2015 et qui a fait ses preuves, serait plus utile aux PME et aux ETI industrielles pour se moderniser que le démantèlement programmé de l’impôt sur la fortune.
Dans la mondialisation, c’est la montée en gamme qui fera la différence, la performance et l’indépendance, qui évitera au « fabriqué en France » d’être exposé à la concurrence par les prix. La qualité de l’offre industrielle française passe par l’innovation pour consolider, par une stratégie où Etat, Régions et intercommunalités sont partenaires, les filières du futur –objets intelligents, ville durable, transports autonomes, efficacité énergétique, alimentation saine et sûre, santé, économie des données, etc. –, développer les services clients et faire primer l’excellence écologique.
Economie circulaire qui ancre l’activité dans les territoires, recyclage des matériaux, stockage de l’énergie: la compétitivité industrielle et la transition écologique sont indissociables. Le Plan Climat du gouvernement a confirmé les engagements pris par la précédente majorité et lors de la COP21. Pour se concrétiser, il exige que tous les acteurs – entreprises, filières, branches professionnelles, collectivités territoriales, réseau consulaire, partenaires sociaux, Etat – soient mobilisés autour d’une politique industrielle bas carbone avec un agenda partagé, des objectifs précis, des moyens identifiés, des résultats évalués et publics.
L’innovation doit aussi être sociale. Renforcer, comme la gauche l’a fait, la présence des salariés dans les conseils d’administration ou de surveillance est essentiel pour définir et mettre en œuvre la meilleure stratégie économique – et non court-termiste et financière – pour l’entreprise, ses savoir-faire, ses équipes.
Encore faut-il, pour une telle stratégie d’ensemble, que les politiques de l’Union européenne servent l’industrie durable. Le plan d’investissements dit Juncker, voulu par la France dès 2012, est une évolution positive. Il en faudra au moins deux autres. D’une part, réduire le rôle juridique de la Commission en matière de concurrence car elle empêche la constitution de champions européens – comme dans le domaine stratégique de l’intelligence artificielle. D’autre part, muscler la politique commerciale de l’Union pour qu’elle défende ses valeurs, ses intérêts, ses normes sociales et environnementales dans le libre-échange. Le réveil de l’Union européenne face au dumping chinois sur le marché de l’acier ou au protectionnisme de Trump est bienvenu, mais il est tardif et encore timide.
Décidément, beaucoup du futur du pays et du continent se joue dans l’ambition pour l’industrie.
Lire sur le site de Challenges
Cet article Pourquoi il faut une vision claire et forte pour l’industrie française est apparu en premier sur Parti socialiste.
Source: Actualités du PS

Pourquoi il faut une vision claire et forte pour l’industrie française

Le 29 août,

Il y a un mois, le gouvernement annonçait la nationalisation transitoire des chantiers navals de Saint-Nazaire. A cette occasion, l’industrie s’est trouvée au cœur du débat public après une période électorale dont elle fut hélas absente. Au-delà de cette décision nécessaire pour STX France, il faut une vision globale, claire et forte pour l’industrie française.
On ne dira jamais assez les dégâts causés par l’idéologie post-industrielle qui irrigua la pensée économique de la fin des années 1970 à la crise de 2008, aux Etats-Unis et en Europe, à l’exception constante de l’Allemagne.
Le quinquennat précédent, c’est l’un de ses apports, avait fait du défi productif une urgence. L’industrie représente dans notre pays 80% de la recherche privée et les trois-quarts des exportations. Sans elle, pas de création durable d’emploi ni de ressources pérennes pour la protection sociale, pas d’aménagement des territoires ni de réelle pesée dans le concert des nations. Sans oublier l’enjeu démocratique: là où l’industrie décroît, l’extrême droite et l’abstention progressent.
Sous l’effet du Pacte de responsabilité, du CICE, du crédit d’impôt recherche sanctuarisé, de la banque publique d’investissement (bpifrance), des plans de la Nouvelle France industrielle, des investissements d’avenir accrus, et d’une conjoncture plus favorable, aujourd’hui des résultats sont là: les marges des entreprises sont regonflées et l’investissement redémarre. Selon l’INSEE, les dépenses d’investissement des industriels pourraient croître de 7% cette année.
Diversifier l’investissement
La politique industrielle doit rester une priorité. La concurrence mondiale est féroce. L’économie de l’immatériel percute l’organisation de la production et du travail. Produire bas carbone est d’intérêt humain. Aux réalités globales s’ajoutent des données hexagonales: trop peu d’entreprises exportatrices et de brevets déposés.
L’investissement, clé de voûte de la réindustrialisation, doit être diversifié, notamment en direction des PME pour diffuser la culture numérique en leur sein, mais aussi déconcentré afin de ne pas se limiter à une partie des entreprises, des activités ou des territoires. Il doit être matériel – machines, logiciels, services – et humain – pour renforcer la formation professionnelle initiale et continue, anticiper et accompagner les transitions professionnelles grâce à des sécurités nouvelles pour les salariés. Leurs qualifications et leurs savoir-faire sont la première richesse d’une entreprise. Tel devrait être le sens d’une véritable réflexion sur le travail à l’heure de la mondialisation déloyale et de la révolution digitale. C’était la raison d’être du Compte personnel d’activité mis en place en janvier dernier.
En matière d’investissement, toute la chaine de valeur est à irriguer – le soutien aux sous-traitants est décisif –, comme toutes les infrastructures: réseau ferré, très haut débit, équipements portuaires. Côté financement, la priorité aux PME pour qu’elles investissent, innovent, exportent, embauchent, est à conforter. A cet égard, prolonger la mesure de suramortissement mise en place en 2015 et qui a fait ses preuves, serait plus utile aux PME et aux ETI industrielles pour se moderniser que le démantèlement programmé de l’impôt sur la fortune.
Dans la mondialisation, c’est la montée en gamme qui fera la différence, la performance et l’indépendance, qui évitera au « fabriqué en France » d’être exposé à la concurrence par les prix. La qualité de l’offre industrielle française passe par l’innovation pour consolider, par une stratégie où Etat, Régions et intercommunalités sont partenaires, les filières du futur –objets intelligents, ville durable, transports autonomes, efficacité énergétique, alimentation saine et sûre, santé, économie des données, etc. –, développer les services clients et faire primer l’excellence écologique.
Economie circulaire qui ancre l’activité dans les territoires, recyclage des matériaux, stockage de l’énergie: la compétitivité industrielle et la transition écologique sont indissociables. Le Plan Climat du gouvernement a confirmé les engagements pris par la précédente majorité et lors de la COP21. Pour se concrétiser, il exige que tous les acteurs – entreprises, filières, branches professionnelles, collectivités territoriales, réseau consulaire, partenaires sociaux, Etat – soient mobilisés autour d’une politique industrielle bas carbone avec un agenda partagé, des objectifs précis, des moyens identifiés, des résultats évalués et publics.
L’innovation doit aussi être sociale. Renforcer, comme la gauche l’a fait, la présence des salariés dans les conseils d’administration ou de surveillance est essentiel pour définir et mettre en œuvre la meilleure stratégie économique – et non court-termiste et financière – pour l’entreprise, ses savoir-faire, ses équipes.
Encore faut-il, pour une telle stratégie d’ensemble, que les politiques de l’Union européenne servent l’industrie durable. Le plan d’investissements dit Juncker, voulu par la France dès 2012, est une évolution positive. Il en faudra au moins deux autres. D’une part, réduire le rôle juridique de la Commission en matière de concurrence car elle empêche la constitution de champions européens – comme dans le domaine stratégique de l’intelligence artificielle. D’autre part, muscler la politique commerciale de l’Union pour qu’elle défende ses valeurs, ses intérêts, ses normes sociales et environnementales dans le libre-échange. Le réveil de l’Union européenne face au dumping chinois sur le marché de l’acier ou au protectionnisme de Trump est bienvenu, mais il est tardif et encore timide.
Décidément, beaucoup du futur du pays et du continent se joue dans l’ambition pour l’industrie.

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Reprise économique : les bons résultats des efforts des Français et de la gouvernance socialiste

En matière d’économie et d’emploi, les bonnes nouvelles s’enchaînent depuis le début du mois : baisse du chômage, taux d’emploi le plus important depuis 1980 et surtout accélération de la croissance avec une prévision à 1,6%, autant de signes qui montrent que le redressement économique du pays se confirme.
Dans une conjoncture internationale et européenne favorable, ce redressement est le produit des efforts des Français et des décisions prises pendant cinq ans par François Hollande et les gouvernements socialistes successifs. En toute logique, les résultats macroéconomiques des mois à venir seront à mettre à leur crédit.
En redonnant des marges de manœuvres aux entreprises puis en menant une politique favorable au pouvoir d’achat des classes moyennes et des faibles revenus, les gouvernements socialistes ont permis à l’économie française de retrouver des perspectives favorables et même encourageantes. Les sacrifices du début de mandat et le travail accompli payent et les français vont maintenant en profiter.
Cependant, cette croissance ne se maintiendra que si le gouvernement actuel est capable de voir l’impasse dans laquelle ses premières décisions risquent de nous mener. L’austérité, les coupes budgétaires et le recul des droits sociaux ne peuvent que produire un nouveau ralentissement de l’activité et un effondrement de l’économie.
Le Parti socialiste se félicite des bons résultats économiques actuels et appelle le gouvernement à prendre ses responsabilités pour que les français puissent bénéficier de la reprise économique.
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Séminaire de rentrée du Parti socialiste : 26 et 27 août à Paris « Se refonder et s’opposer »

Comme l’an dernier, le Parti socialiste tiendra un séminaire de rentrée, les 26 et 27 août à la Maison de la Chimie, à Paris, avec ses cadres (premiers fédéraux, secrétaires nationaux, direction collégiale provisoire et parlementaires).
Le séminaire se déroulera autour de trois moments : le bilan et perspectives de l’année 2017 au regard des études d’opinion et des analyses électorales ; la présentation du projet de Feuille de route de la refondation de la famille socialiste préparée par la direction collégiale provisoire et dont les grandes orientations seront arrêtées à cette occasion afin d’être proposées au débat puis au vote des militants le 28 septembre prochain ; et enfin les enjeux de la rentrée politique et les actions que les socialistes comptent entreprendre pour répondre aux initiatives gouvernementales de ce début de quinquennat Macron.
La réunion de rentrée fin août est une longue tradition de notre formation politique, mais elle prend cette année une importance particulière dans un climat politique post élections pour le moins difficile à quelques jours de la publication des ordonnances réformant le code du Travail.

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Comme l’an dernier, le Parti socialiste tiendra un séminaire de rentrée, les 26 et 27 août à la Maison de la Chimie, à Paris, avec ses cadres (premiers fédéraux, secrétaires nationaux, direction collégiale provisoire et parlementaires).
Le séminaire se déroulera autour de trois moments : le bilan et perspectives de l’année 2017 au regard des études d’opinion et des analyses électorales ; la présentation du projet de Feuille de route de la refondation de la famille socialiste préparée par la direction collégiale provisoire et dont les grandes orientations seront arrêtées à cette occasion afin d’être proposées au débat puis au vote des militants le 28 septembre prochain ; et enfin les enjeux de la rentrée politique et les actions que les socialistes comptent entreprendre pour répondre aux initiatives gouvernementales de ce début de quinquennat Macron.
La réunion de rentrée fin août est une longue tradition de notre formation politique, mais elle prend cette année une importance particulière dans un climat politique post élections pour le moins difficile à quelques jours de la publication des ordonnances réformant le code du Travail.

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Baisse drastique du nombre d’emplois aidés : l’affaiblissement des services publics de proximité est en route

Le gouvernement a décidé de limiter à 110.000 le nombre d’emplois aidés, soit une diminution de 40% par rapport aux six premiers mois de l’année 2017. Pour le Parti socialiste, cette décision est inacceptable et surtout intenable tant elle va dégrader la cohésion nationale en affaiblissant fortement le fonctionnement des services publics de proximité.
 
Cumulée à l’aggravation de la baisse des dotations et la suppression des crédits de paiement, cette décision est un nouveau coup dur pour les collectivités locales qui font traditionnellement appel aux emplois aidés pour remplir certaines missions de service public. Elle est également une terrible attaque portée au secteur associatif, notamment les associations d’éducation populaire, sportives et culturelles qui non seulement sont créatrices d’emplois mais participent à l’animation et à la cohésion des territoires.
 
A quelques jours de la rentrée, c’est l’école qui va une nouvelle fois faire les frais de la politique du gouvernement. Et ce seront les plus fragiles qui seront les premiers touchés car, parmi les 20.000 emplois aidés non reconduits à l’Education nationale, nombreux sont ceux qui accompagnement dans le quotidien de leur scolarité des enfants porteurs de handicaps.
 
Enfin, est-il besoin de rappeler que derrière la politique du chiffre, cette décision brutale sera d’abord désastreuse pour les bénéficiaires eux-mêmes ? Est-il besoin de rappeler au gouvernement que ces politiques d’emplois aidés permettent  de sortir du chômage  des milliers de personnes qui n’auraient pas pu trouver un emploi sans ces dispositifs ? Est-il besoin de rappeler qu’avec cette décision, ces personnes retomberont demain dans les affres de la recherche d’emploi.
 
Le Parti socialiste demande au gouvernement de surseoir à sa décision et d’organiser une discussion sur les mesures compensatoires à engager s’il veut réellement diminuer par deux le nombre d’emplois aidés. Il en va de la survie de nombreuses associations, de l’activité de dizaines de milliers de travailleurs et de la pérennité de nos services publics de proximité.
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