Damien Abad: « Nous serons tous derrière un candidat »

Avant les journées parlementaires des députés Les Républicains, organisées à Nîmes jeudi et vendredi, le président du groupe à l’Assemblée souligne les enjeux d’un rassemblement où les cinq candidats de la droite sont attendus, en présence de Laurent Wauquiez.
Les Républicains se retrouvent à Nîmes jeudi pour leur dernière rentrée parlementaire avant la présidentielle. Quel message lancez-vous aux députés LR ?
La force du collectif est le slogan de notre groupe et cela doit devenir une réalité partagée par tous. La période est incertaine mais notre groupe peut être un pilier sur lequel notre candidat pourra s’appuyer et construire une majorité parlementaire.
Les grandes manœuvres ont commencé en vue des prochaines élections législatives. François Bayrou veut un « seul mouvement unitaire et large » rassemblant notamment LREM, le MoDem et Agir. Ce projet de recomposition d’une majorité ne risque-t-il pas de séduire certains parlementaires, lassés d’être dans l’opposition ?
Le meilleur antidote pour ne plus être dans l’opposition est une victoire à la présidentielle. Un mouvement politique doit être cohérent, fort et homogène. Il ne peut pas faire l’objet de petites tambouilles politiciennes. Nous, nous voulons faire vivre le pluralisme politique au sein d’un parlement abîmé, piétiné et déconsidéré par la majorité. Contrairement à ce que dit leur président Christophe Castaner, Les Marcheurs ne peuvent pas incarner le camp de la raison parce qu’ils sont celui des fractures et des factures. On nous avait promis le dépassement des clivages, nous avons connu une majorité pétrie de certitudes, enfermée dans un sectarisme inquiétant pour l’avenir de notre démocratie.
Quel est l’état d’esprit de vos 104 députés ?
Ils sont tous tournés vers un seul objectif : avoir un candidat à la présidentielle qui puisse faire gagner nos idées. Notre groupe n’est pas à vendre à la découpe et je suis très confiant sur sa solidité et sa détermination. Je n’ai pas d’inquiétude. Nous incarnons la droite qui gagne et cette envie est notre meilleure assurance vie. Je veux que nous redevenions majoritaires comme nous l’étions en 2007 quand nous comptions 300 députés.
Un nouveau duel Macron/Le Pen est l’hypothèse la plus probable aujourd’hui pour 2022. Vous n’aurez pas de candidat désigné avant la fin de l’année. La droite ne risque-t-elle pas d’être prise de vitesse ?
Non, car la présidentielle est à la fois un marathon suivi d’un sprint. On sent dans le pays qu’il n’y a aucun appétit en France pour revivre le duel de 2017. Les Français ont compris cet été que Marine Le Pen ne serait jamais présidente de la République et que le vote RN serait la meilleure assurance vie pour la réélection d’Emmanuel Macron. Ils ont donc compris que seule la droite pourra le battre. C’est bien pour cela que notre responsabilité est très grande. Je soutiens le calendrier fixé par le président de notre parti Christian Jacob. Nous devons tous jouer la gagne et être en ordre de bataille derrière un seul candidat d’ici la fin de l’année.
Comment observez-vous la candidature d’Eric Zemmour ?
Ce candidat est une chimère médiatique. On ne sait même pas s’il sera réellement candidat et en aucun cas, il peut porter les couleurs de la droite. On peut avoir du respect pour le débat d’idées qu’il porte mais il n’est pas un homme d’État. Nous n’avons pas à lui faire des appels du pied. Laissons-le dîner avec Madame Le Pen.
À votre invitation, Michel Barnier, Valérie Pécresse, Philippe Juvin, Éric Ciotti et Xavier Bertrand (les cinq candidats déclarés pour porter les couleurs de la droite et du centre à la présidentielle) viennent défendre leur candidature devant les députés. Voyez-vous ce moment comme un test ?
Je tenais à les avoir à nos côtés et à les inviter. Aucune ambition présidentielle ne pourra se réaliser sans l’appui de notre groupe parlementaire. Leur présence marque la reconnaissance du travail accompli par les députés. Elle est le symbole d’une volonté de jouer collectif et la preuve que le parlement compte. Nous allons pouvoir connaître les grandes lignes de leur ambition pour la France en sachant que découlera une majorité de la prochaine présidentielle. Je suis le garant de l’unité au sein d’un groupe comptant un nouveau député sur deux. Chacun pourra se forger une opinion.
Est-il possible d’évaluer d’ores et déjà les soutiens sur lesquels chaque candidat pourra compter ?
Le groupe LR n’est pas dans une logique clanique ou des calculs d’écuries, comme ce fut le cas en 2017. Cette fois, parce que nous sommes en position de challengers et pas de favoris, nous sommes davantage dans une dynamique de rassemblement. Nos élus sont dans une position d’attente, sachant que beaucoup ont été échaudés par la dernière primaire. Il peut exister des affinités entre les députés et les candidats mais on ressent surtout une volonté de vivre ensemble. Tout le monde veut faire gagner la droite. Nous savons qu’une double candidature serait éliminatoire et nous serons tous derrière un seul candidat, le moment venu.
Vous avez assumé votre proximité avec Bertrand…
J’ai voulu être transparent. À mes yeux, il incarne cette autre France des territoires, de l’ascenseur social, des classes moyennes… Et il peut incarner une alternance. Mais notre famille politique compte d’autres talents comme Valérie Pécresse qui est une femme de poigne ou Michel Barnier qui a une stature d’homme d’État. Ils sont tous capables de présider la France. Et je n’oublie pas Philippe Juvin et Éric Ciotti , deux candidats également de qualités, armés de convictions très fortes sur la sécurité et la santé.
François Fillon avait créé la surprise au premier tour de la primaire en 2016… Croyez-vous aux surprises ?
Si primaire il y a, le match est très ouvert.
La présence de Laurent Wauquiez jeudi est-elle un signe ?
J’ai tenu à l’inviter. Laurent Wauquiez est un brillant président de région (Auvergne-Rhône-Alpes). Il a eu l’humilité, la grandeur et le courage de renoncer à une candidature pour préserver notre unité. Bien sûr sa voix est forte. Elle sera encore plus forte demain. Notre objectif est de résoudre ce paradoxe d’une France qui se situe largement à droite et qui a besoin d’un mouvement pour l’incarner.
Emmanuel Macron veut cultiver l’image d’un président réformateur jusqu’à la dernière minute de son quinquennat. Cette carte peut-elle se révéler payante ?
L’élan réformateur de LREM s’est brisé sur le mur de la réalité, celle d’une déconnexion avec les territoires et d’une condescendance. Qu’en reste-t-il ? La réforme de l’assurance chômage est repoussée, celle des retraites devient un serpent de mer comme celles du millefeuille administratif, de la dépendance, etc.… Réformer ce n’est pas discourir. Manifestement, cette France d’En Marche à un immense problème de mise en œuvre des réformes. Rien ne peut se faire dans les six derniers mois dans un pays où les crispations de la société et la politique du non-choix permanent sont facteurs d’immobilisme.
Vous avez rencontré Nicolas Sarkozy lundi. Que vous a-t-il dit ?
Comme toujours, notre échange était riche et stimulant. J’admire son optimisme. C’est cela qui doit irriguer la droite et nous devons nous en inspirer. Nicolas Sarkozy avait pu relever la droite parce qu’il avait su incarner un espoir. Il n’y a pas de fatalité en politique. Nous sommes en situation de l’emporter en 2022 et avons toutes les cartes en mains pour réussir. Notre ancien président m’a invité à construire les bases d’une majorité puissante et solide.
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Source: Actualités LR

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