La présentation des ordonnances aujourd’hui par le Premier ministre et la ministre du Travail a confirmé de nombreuses craintes qui s’étaient fait jour au cours de la concertation avec les organisations syndicales et patronales. Les ordonnances reposent sur un déséquilibre dans la relation entre les employeurs et les salariés que le Parti socialiste ne peut soutenir.
Ainsi, la disparition des Comités d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail est confirmée avec la fusion des instances représentatives du personnel, à l’exception de quelques secteurs à risque. C’est oublier que tout travail peut comporter des dangers pour un salarié, notamment celui du harcèlement. Avec la fusion, les élus auront moins de temps à consacrer à ces questions et seront moins nombreux pour le faire. De même, la remise en cause d’une partie des critères de pénibilité est un coup supplémentaire porté à la santé des travailleurs.
L’abandon du mandatement syndical dans les entreprises de moins de 50 salariés et la possibilité de recourir à l’adoption d’un accord d’entreprise par un référendum d’initiative patronale constituent une profonde remise en cause de la place des syndicats dans l’entreprise. En ouvrant ces deux possibilités, le gouvernement ne tient pas compte de l’asymétrie du rapport de force entre salariés et employeurs, que les syndicats rééquilibraient jusque-là. Les salariés seront fragilisés face aux pressions d’une direction qui souhaiterait, par exemple, baisser les salaires ou augmenter le temps de travail. Quant à la création de la rupture conventionnelle collective, où va-t-on ?
La mise en place d’un barème obligatoire pour les indemnités en cas de licenciement abusif, avec un plancher bas et un plafond également très inférieur à la jurisprudence, constitue une ligne rouge invariable pour le Parti socialiste. Il s’agit d’une mesure qui n’a pour but que de permettre à des employeurs parfois mal intentionnés de provisionner le coût d’un licenciement injuste et injustifié. Plus encore, à partir du moment où un barème obligatoire est fixé, on peut même s’interroger sur l’utilité des prud’hommes !
Autant de raisons qui avaient conduit en 2016 le Parti socialiste à refuser la première loi travail. Il réitère aujourd’hui son désaccord sur le contenu des ordonnances prises par le gouvernement. Si la concertation a été saluée avec raison par les organisations syndicales, elle n’a pas permis d’arriver à l’équilibre revendiqué par le gouvernement. Les ordonnances permettront surtout de licencier plus facilement tout en protégeant moins efficacement.
Cet article Des ordonnances insoutenables est apparu en premier sur Parti socialiste.
Source: Actualités du PS

Partager
Posté par

Derniers articles

VIDÉO – Je fais le point

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=OEV7qyYx5pk?feature=oembed&w=500&h=281] Pour vous abonner à la chaîne de Jean-Luc Mélenchon, cliquez ici : Abonnez-vous aux vidéos Retour en vidéo…

octobre 22, 2018 4:43

Moyens alloués aux personnes en situation de handicap en Seine-Saint-Denis

Suite à une première question sur les difficultés d’accessibilité pour les personnes en situation de handicap, particulièrement mises en lumière…

octobre 22, 2018 3:20

Face aux attaques, les insoumis·es répliquent sur le terrain #EnMaiJeVote

Malgré l’acharnement médiatique et les affabulations en tout genre sur l’avenir du mouvement, la vérité du terrain a rendu un…

octobre 22, 2018 2:29

Fêter la victoire le 11 novembre 2018

Communiqué de Louis Aliot, Député des Pyrénées-Orientales L’Elysée a récemment fait savoir que le centenaire de la fin de la…

octobre 22, 2018 12:51

Dieynaba Diop

Cet article Dieynaba Diop est apparu en premier sur Parti socialiste. Source: Actualités du PS

octobre 22, 2018 10:16

Maxime Des Gayets

Cet article Maxime Des Gayets est apparu en premier sur Parti socialiste. Source: Actualités du PS

octobre 22, 2018 10:14