Réforme des retraites : la faute économique et morale de François Hollande

Travail, économie, emploi

« Une réforme ? Non ! Un ersatz de réforme, oui ! Ou plus précisément un ersatz de dispositif. Par contre, ce qui est certain, ce sont des prélèvements nouveaux et des économies ultra limitées et décalées dans le temps ».Directeur des affaires sociales de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME), Georges Tissié est vent debout contre le projet de loi sur les retraites. Il a eu l’occasion d’exprimer son mécontentement lundi soir au siège de l’UMP qui organisait autour de Jean-François Copé, d’experts et de parlementaires, une convention sur la réforme des retraites. C’était l’occasion pour notre famille politique de mettre sur la table, au moment où débute au Parlement l’examen du projet de loi sur la réforme des retraites, des propositions pour une « réforme que la gauche n’a pas le courage de faire ». D’autant, explique Hervé Mariton, délégué général au projet de l’UMP, que le projet de loi que le gouvernement socialiste propose sur les retraites « est injuste, inefficace, mais également irresponsable ».L’injustice, l’iniquité c’est l’absence de volonté de faire converger les régimes public et privé.L’injustice, l’iniquité, c’est de recréer de nouveaux régimes spéciaux comme souhaite le faire le Gouvernement avec la « pénibilité », cheval de bataille que s’arroge la gauche oubliant volontairement que notre famille politique avait mis en place lors de la réforme de 2010 le dispositif carrières longues pour les personnes ayant débuté leur carrière avant 18 ans . « Cette mise en place de nouveaux régimes spéciaux est une injustice à venir. Dans quelques années, la moitié des Français va s’étonner de voir une autre moitié partir en retraite et se demander pourquoi, eux, ils n’y ont pas le droit », souligne Eric Woerth déplorant le manque d’ambition de cette réforme.L’inefficacité, c’est celle d’un « bric-à-brac fiscal qui ne boucle pas financièrement, qui repose sur des analyses économiques irréalistes qui obligeront à reprendre le sujet dans quatre à six ans. La perspective d’une nouvelle réforme, cela n’incite pas à la confiance et n’aide pas à la reprise de l’économie », remarque Arnaud Robinet qui défendra avec Denis Jacquat les positions de l’UMP lors de la discussion sur le projet de loi de réforme des retraites.Quant à l’irresponsabilité, c’est de travailler sur des hypothèses fausses mais également d’acheter la paix sociale qui conduit à une réforme sans ambition.« Une réforme ? Non, c’est avant tout une nouvelle augmentation d’impôts pour les ménages et pour les entreprises : 2,2 milliards sur les salariés et 2,2 milliards sur les entreprises », assure Jean-François Copé. « Et non content de plomber dans un même mouvement les salaires et la compétitivité, François Hollande s’attaque au pouvoir d’achat des retraités avec le gel partiel de leurs pensions ».Pour le président de l’UMP, pas une once de décision courageuse dans ce projet de loi voulu par François Hollande. A peine « un peu de plâtre en attendant que la majorité suivante s’occupe du problème ». Que cela soit en 1993, 2003, 2008 et 2010, « nous avons toujours fait les réformes courageuses que la gauche a toujours contestées dans la rue à l’image de François Hollande manifestant en 2010 à Tulle aux côtés de la CGT. Mais aujourd’hui, malgré ses promesses, il ne revient pas dessus ».En refusant tout réforme courageuse parce que son projet repose quasi-exclusivement sur une hausse des prélèvements obligatoires qui atteignent déjà un nouveau record et parce qu’il obère un peu plus l’avenir des jeunes, « François Hollande commet une faute économique et morale », estime Jean-François Copé. Pour le président de l’UMP il n’est donc pas question de « laisser à la gauche la possibilité de s’approprier la défense de travailleurs alors qu’elle passe son temps à les matraquer fiscalement, à creuser le chômage. C’est à la droite républicaine de montrer la voie et de proposer une réforme juste, durable et courageuse ».Une réforme qui fixe deux lignes rouges et trois principes. Les lignes rouges : pas de hausses d’impôts et pas de baisse des pensions. Les principes : privilégier le travail plutôt que les hausses d’impôts ; une réforme juste c’est à dire un même régime pour tous, ce qu’Hervé Mariton appelle un « régime unique « unique » » ; la durabilité et la liberté pour en finir avec les réformes permanentes.« Nous voulons une réforme structurelle qui aboutisse à un système où tout le monde sait de quoi sa pension sera faite », insiste Jean-François Copé partisan du régime de retraite unique et qui estime également qu’il faut « en finir avec les écarts qui perdurent entre le régime général, les régimes des fonctionnaires et les régimes spéciaux ».La durée de cotisation doit, quant à elle, évoluer en fonction de l’espérance de vie et l’âge légal doit lui aussi reculer. Objectif à dix ans : repousser l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans.Voici les 9 premières propositions de l’UMP que vous pouvez retrouver et commenter sur note site www.etats-generaux-ump.fr :Poursuivre l’allongement progressif de la durée de cotisation et repousser l’âge légal à 65 ans en 2023 comme la plupart des pays européens ;Faire valider par le Haut conseil des finances publiques les hypothèses économiques sur lesquelles se fondent les décisions prises pour les retraites ;Accélérer l’harmonisation des règles de constitution de tous les régimes de retraite et assujettir les nouveaux fonctionnaires et les pensionnés des régimes spéciaux recrutés à compter de 2015 aux règles de constitution en vigueur pour le régime général ;Mettre en place en 2023 un régime unique par points pour tous ;Maintenir un âge minimal de liquidation des droits en fonction de l’évolution de l’espérance de vie pour inciter les seniors à se maintenir dans l’emploi et éviter l’augmentation du nombre des petites retraites et le recours au minimum vieillesse ;Garantir le pouvoir d’achat des retraités ;Développer l’emploi des seniors ;Développer l’épargne retraite.
Source: Actualités UMP

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