Choose France : Macron transforme la France en colonie numérique des géants mondiaux de l’IA

Communiqué du groupe LFI à l’Assemblée nationale et de la délégation FI au Parlement européen

À l’occasion du sommet Choose France organisé à Versailles, Emmanuel Macron se félicite une nouvelle fois d’annonces d’investissements étrangers massifs dans l’intelligence artificielle et les centres de données.

Après les annonces déjà réalisées ces derniers mois autour de Microsoft, Amazon, des fonds souverains du Golfe et des géants du cloud, le gouvernement célèbre désormais de nouveaux projets géants de data centers et d’infrastructures d’IA, dont plusieurs dizaines de milliards d’euros portés par des groupes étrangers. Les annonces liées à SoftBank, qui évoque jusqu’à 75 milliards d’euros d’investissements dans les infrastructures d’IA et les data centers en France, illustrent cette orientation.

La France insoumise refuse cette mise en scène permanente de la dépendance économique.

Car derrière les chiffres spectaculaires et les promesses d’emplois, une question essentielle est volontairement évacuée : qui possédera les infrastructures stratégiques du XXIe siècle ?

Les data centers, les capacités de calcul, les infrastructures cloud et les systèmes d’intelligence artificielle sont désormais des infrastructures de souveraineté aussi importantes que l’énergie, les transports ou les télécommunications.

Pourtant, la stratégie d’Emmanuel Macron consiste à livrer progressivement ces infrastructures à des multinationales étrangères, à des fonds d’investissement et spéculatifs (exemple d’Atos) dont les objectifs ne coïncident ni avec ceux du peuple français ni avec ceux de la souveraineté nationale. C’est ce que montre notre commission d’enquête parlementaire.

Le gouvernement présente chaque investissement étranger comme une victoire.Nous y voyons au contraire le symptôme d’un échec : celui de l’incapacité à mobiliser les ressources financières déjà disponibles dans notre pays.

La France dispose pourtant de milliers de milliards d’euros d’épargne, d’assurance-vie et d’actifs financiers. Elle dispose d’entreprises publiques puissantes, d’ingénieurs de haut niveau, de centres de recherche reconnus mondialement et d’une production électrique parmi les plus importantes d’Europe.

Pourquoi accepter que les centres de calcul de demain soient financés, contrôlés et exploités par des groupes étrangers alors que nous pourrions construire une véritable puissance numérique publique et souveraine ?

Ainsi depuis des années, Emmanuel Macron s’est détourné d’OVH notre gestionnaire de données au motif qu’il était moins compétitif qu’Amazon confiant ainsi le stockage de nos données confidentielles à un pays étranger. Pendant que La Chine utilise les sanctions américaines pour améliorer sa propre industrie

Les infrastructures d’IA nécessitent d’immenses quantités d’électricité, d’eau, de foncier et de ressources publiques. Les bénéfices, eux, risquent de quitter le territoire tandis que les Français assumeront les coûts énergétiques, environnementaux et d’aménagement.

Nous alertons également sur la manière dont ces annonces sont aujourd’hui relayées sans aucune distance critique par une grande partie des médias. Les « 75 milliards d’euros » annoncés par SoftBank sont présentés comme s’il s’agissait d’investissements immédiatement disponibles et garantis. En réalité, il s’agit d’un objectif maximal étalé sur plusieurs années, largement conditionné à des montages financiers futurs, à de la dette, à des partenariats et à la rentabilité espérée des infrastructures.

Une grande partie de ces sommes n’existe donc pas aujourd’hui sous forme de capitaux engagés. Pourtant, le gouvernement et certains médias entretiennent volontairement la confusion entre annonces théoriques, effets de communication et investissements réels afin de fabriquer un récit de puissance et d’attractivité. Cette communication spectaculaire masque une question beaucoup plus importante : qui contrôlera demain les infrastructures numériques construites sur notre sol grâce à notre énergie, notre foncier et nos ressources publiques ?

La France insoumise défend une autre voie.

Nous proposons la création d’un grand pôle public du numérique et de l’intelligence artificielle. Nous proposons de mobiliser l’épargne nationale pour financer des centres de calcul souverains, des infrastructures cloud publiques, la recherche ouverte, les logiciels libres et les technologies stratégiques. Nous proposons d’interdire toute dépendance étrangère dans les secteurs numériques critiques de l’État, de la défense, de la santé, de l’éducation et des infrastructures essentielles.

L’intelligence artificielle ne doit pas devenir un nouvel outil de mise sous tutelle économique de la France.

Le XXIe siècle ne se gagnera pas en vendant nos infrastructures stratégiques au plus offrant. Il se gagnera en reprenant le contrôle démocratique de nos capacités industrielles, énergétiques et numériques.

L’enjeu n’est pas seulement économique. Il est démocratique, géopolitique et même civilisationnel.

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