Jean Leonetti : « Il est temps d’accélérer la procédure de désignation de notre candidat à la présidentielle »

Mercredi, le comité stratégique des Républicains doit nommer le maire d’Antibes chef d’orchestre du processus de désignation du candidat en vue de 2022. Actant l’absence de prétendant naturel, il plaide pour une primaire ouverte de la droite et du centre.
Pourquoi Les Républicains veulent-ils avancer sur la question du mode de départage ?
Nous en parlions depuis quelque temps. Initialement, un certain nombre d’entre nous étions d’accord pour attendre les élections locales avant de mettre en place la désignation d’un candidat selon une procédure consensuelle. Dans le contexte actuel, après une réunion organisée le 2 juin au Sénat en présence de Gérard Larcher, Christian Jacob et François Baroin, nous avons décidé de proposer une accélération du calendrier lors du comité stratégique prévu mercredi. On voit bien qu’il y a des impatiences au sein de notre mouvement, entre ceux qui sont tentés de faire l’union des droites avec l’extrême droite et ceux qui envisagent de soutenir d’emblée Emmanuel Macron. La Provence-Alpes-Côte-d’Azur est d’ailleurs un lieu d’expertise en la matière puisque les maires de Toulon et de Nice, Hubert Falco et Christian Estrosi, ont déjà pris leurs distances vis-à-vis du parti LR. Et compte tenu des propos tenus, on peut imaginer que le maire de Nice appellera à voter pour le président de la République dès le premier tour. Autrement dit, notre mouvement étant confronté à un problème existentiel, il est souhaitable d’organiser une procédure de désignation dès la fin des élections territoriales. Si le conseil stratégique et toutes les instances du parti valident ce projet, j’ai donné mon accord pour contacter tous les candidats et les convaincre, si cela n’est pas déjà fait pour certains d’entre eux, de participer à cette compétition.
Comment cette accélération du calendrier se traduirait-elle concrètement ?
Si nous nous mettions à travailler en septembre, nous n’arriverions jamais à élaborer cette compétition avant la fin de l’année, compte tenu de la situation des candidats et des statuts du mouvement. L’ambition est donc d’être opérationnels dès la fin août, début septembre, pour avoir un candidat désigné à l’automne sous les couleurs de la droite et du centre. Mercredi, le comité stratégique doit se prononcer sur ce mode de départage, son accélération et ma désignation en tant qu’organisateur, en relation avec toutes les instances du mouvement LR.
Cela implique l’obtention d’un accord entre tous les candidats potentiels au sein de LR comme à l’extérieur…
Des contacts ont déjà été pris. Nous nous parlons depuis longtemps. L’objectif est de trouver l’idée, l’autorité et l’unité. Et ce projet doit avancer dans l’esprit d’une compétition élargie.
Les offensives régulières de Macron contre la droite sont-elles la principale raison de cette accélération ?
Il faudrait être stupide pour ne pas comprendre que le président de la République est en campagne. Eux ont déjà désigné leur candidat, comme d’ailleurs le Rassemblement national. Les deux mouvements qui essayent de nous faire disparaître étant lancés, nous ne pouvons pas rester l’arme au pied. Tout en portant des idées majoritaires dans le pays mais avec des candidats dispersés nous risquerions de favoriser ceux qui attendent de se retrouver au second tour dans un duel qu’ils ont imaginé depuis le début. Les turbulences que nous constatons au sein des Républicains sont dues, en grande partie, à l’absence d’une autorité qui organise et fédère. Gérard Larcher a raison de souhaiter la « dream team » dans cette compétition et nous partageons tous ce souhait car nous savons que c’est la seule façon de pouvoir gagner. Nous comptons des concurrents précieux.
Quel a été l’impact des régionales en Paca sur cette correction du calendrier LR ?
Nos électeurs sont un peu désespérés face aux deux alternatives Macron et Le Pen. Cette perspective est une atteinte au pluralisme qui devrait exister dans une démocratie comme la France.
Parmi ces candidats, certains comme Xavier Bertrand dans les Hauts-de-France, ont eux-mêmes accéléré leur campagne en vue de la présidentielle. Avez-vous l’espoir de lui faire accepter le passage par un mode de désignation ?
Bien sûr, je l’espère. Gérard Larcher n’a jamais arrêté de dialoguer avec tout le monde. L’idée d’une méthode de départage doit être maintenant actée par toutes les instances du mouvement LR. Nos statuts prévoient une primaire ouverte. La moindre des choses est de consulter nos militants pour savoir s’ils sont d’accord pour élaborer un mode de désignation le plus large possible et permettre aux candidats de la droite et du centre d’y participer.
Christian Jacob, président des LR, était plutôt hostile à la primaire qu’il voyait comme une machine à diviser. A-t-il évolué ?
Nous avions tous accusé la primaire d’être le ferment de notre défaite mais on ne peut pas faire porter notre dernier échec à la présidentielle uniquement sur le fait qu’il existait une primaire organisée. Les tensions entre nous ont beaucoup joué.
Certains persistent à imaginer une candidature de François Baroin. Avez-vous un avis ?
Si François Baroin voulait être candidat, il pourrait l’être. Nous avions évoqué la possibilité de voir émerger une candidature naturelle mais chacun peut constater aujourd’hui que ce n’est pas encore le cas.
Quel sera votre message mercredi devant les membres du comité stratégique ?
La procédure proposée n’est pas idéale mais elle est la meilleure, à l’exclusion de toutes autres. Il est temps d’accélérer car les deux autres candidats qui rêvent d’un duo sont en ordre de bataille. Enfin, dans la mesure de mes moyens, je vais essayer de convaincre tout le monde en disant que cette compétition peut aussi être une coopération. Personne ne peut gagner seul.
>> Lire l’interview sur LeFigaro.fr
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Source: Actualités LR

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