Réforme de la première année de santé : ça ne PASS pas

Un article du groupe thématique Enseignement Supérieur et Recherche

En 2019, la Première Année Commune aux Etudes de Santé (PACES) a été remplacée par deux filières d’accès aux études de santés et le droit au redoublement en première année a été supprimé. Cela a été annoncé dans le cadre de la loi relative à l’organisation et à la transformation du système de santé. Cette année, la mise en place de cette réforme a entraîné surcharge de travail pour les étudiant·es et échec accru. Des résultats contraires aux objectifs affichés.

Une fausse suppression du numerus clausus

Dans le cadre du nouveau système il est possible d’accéder aux études de santé via deux filières : Parcours d’accès spécifiques à la santé (PASS) et Licence d’accès à la santé (LAS). La PASS correspond à l’ancienne PACES à laquelle a été ajouté une discipline mineure (biologie, psychologie, mais aussi histoire ou SES etc.) au choix de l’étudiant. Quand à la LAS, ce sont des licences disciplinaires (biologie, psychologie, histoire, SES etc) de trois ans avec une mineure « accès à la santé ».

Les candidat·es en PASS passent le concours à la fin de la première année. L’admission permet d’intégrer la seconde année de médecine. En cas d’échec ils peuvent se réorienter en LAS. Les étudiant·es en LAS peuvent candidater deux fois à la deuxième année ou troisième année de santé. Pour les étudiant·es réorienté·es issu·es de PASS, leur tentative au concours en PASS compte pour une candidature.

Ce système devait éviter le « gâchis humain » qu’était la PACES et son fort taux d’échec au bout de deux ans. Cela permettait notamment de permettre une réorientation sans pertes d’années. Par ailleurs, le redoublement a été remplacé par la possibilité de recandidater ultérieurement en deuxième et troisième année (ce qui est qualifiée de « droit à la seconde chance » par Frédérique Vidal). Cette réforme s’insère dans une réforme du premier cycle qui prévoit une diversification des parcours et une plus grande flexibilité pour les étudiant·es.

Enfin, la mesure la plus médiatique a été la suppression du numerus clausus. Cependant malgré la battage médiatique, cela ne signifie pas une suppression de limite d’étudiant·es en seconde années mais que les capacités d’accueil ne sont plus fixé nationalement mais par les établissements après avis conforme des ARS. Cela correspond en fait à un pas de plus vers l’autonomie des établissements et la régionalisation de l’enseignement supérieur.

Surcharge de travail et moyens constants

La réforme entraîne d’abord une surcharge de travail pour les étudiant·es. Alors qu’un allègement par rapport à la PACES était promis, ça n’a pas été le cas. En plus des Unités d’enseignement dit accès à la santé, les étudiant·es doivent travailler leurs mineures. Par conséquent, le poids des études a été considérablement accru, entraînant un plus grand nombre de burn-out et de dépressions.

Par ailleurs, la charge de travail empêche généralement la validation de la mineure. Par conséquent la réduction de perte sèche d’année ne semble pas tenue.

Par ailleurs, la réforme a été mise en place à moyens quasi-constants. Alors que les débats en 2019 à l’Assemblée nationale mentionnaient une augmentation des capacités d’accueil en seconde année , l’augmentation n’est que de 12 %. Enfin, en cette année 2021, les étudiant·es en PASS se retrouvent en concurrence avec les dernier·es étudiant·es en PACES. Pour absorber l’année de transition il aurait fallu au moins le triple. Par conséquent, au lieu de lutter contre le « gâchis humain », cette réforme l’amplifie.

Les propositions de la France insoumise

Pour la France insoumise, il faut :

Investir dans les moyens humains permettant une transition sans heurtAbandonner le système de mineures en PASS et remettre en place des validation d’acquis pour les réorientationsProcéder à terme à une évaluation des LASCréer un un corps de médecins généralistes fonctionnaires et lancer son pré-recrutement

Par ailleurs, la France insoumise apporte son soutien aux étudiant·es en PASS qui se mobilisent pour leurs conditions d’études.

Source: Actualités La France insoumise

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