[Question écrite] Écoles privées de danse : une catastrophe économique et humaine

M. Michel Larive attire l’attention de Mme la ministre de la culture sur la profonde catastrophe économique et humaine que subissent les écoles privées de danse.

Depuis un an, ces structures survivent sous perfusion avec un fonds de solidarité qui est loin de compenser les pertes économiques du secteur. Des responsables de l’Union Danse Syndicat, créé en septembre 2020, ont été reçu par des conseillers de Mme la Ministre. Cependant il semble qu’ils aient été accueilli comme des »commerçants de la danse ». Leurs interlocuteurs au ministère de la Culture auraient estimé que les écoles de danse ne pouvaient être soutenues au même titre qu’un conservatoire ou un opéra, et que leur cas relevait plutôt du ministère de l’Economie et des Finances.

Pourtant ces écoles de danse remplissent des missions essentielles pour la démocratisation culturelle, en particulier dans les territoires ruraux, et font partie intégrante de l’offre d’enseignement artistique. La plupart des grands danseurs et des grandes danseuses que la France a vu naître sont issus de ces écoles, qui jouent par ailleurs un rôle essentiel dans la formation des publics. Cela fait partie des facteurs importants pour assurer le rayonnement des scènes nationales et autres lieux de diffusion dans notre pays. La situation est aujourd’hui préoccupante. De nombreuses écoles de danse n’ont pas pu toucher tout ou partie des crédits du fonds de solidarité, puisqu’elles n’atteignaient pas le seuil de 50% de perte du chiffre d’affaires. En outre, le Prêt Garanti par l’Etat (PGE) ne constitue pour ces écoles qu’une réponse partielle, puisque le nombre d’adhérents a tellement chuté qu’il paraît peu probable que toutes ces structures puissent rembourser les mensualités à temps.

Enfin, cette crise économique grave se double de répercussions humaines et sociales. Certaines écoles ont fait le choix de continuer les cours en visio-conférence, mais combien de pertes d’élèves ont-elles dû subir ! Peu à peu, on s’éloigne du concret pour basculer vers le virtuel : est-ce la destinée collective à laquelle nous aspirons ? Une bonne partie d’écoles privées de danse vont être amenées à mettre la clé sous la porte si l’Etat ne les aide pas, et n’organise pas les conditions de reprise des activités culturelles. M. Michel Larive, qui se fait l’écho des revendications de l’Union Danse Syndicat, appelle donc Mme la ministre de la Culture à soutenir financièrement, de manière conséquente, les écoles privées de danse, par une prolongation du fonds de solidarité jusqu’au moins septembre 2021, et par une révision dudit dispositif en abaissant par exemple les seuils d’exigence en termes de perte du chiffre d’affaires ou en instaurant un système d’aide au prorata du chiffre d’affaire réalisé.

Source: Actualités La France insoumise

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