Rien de neuf en effet du côté du Front National. Le mélodrame familial, très méthodiquement organisé n’en finit pas. Dans la course à l’audience, nombre de médias ont ces dernières semaines mis en scène le vrai-faux retour de Marion Maréchal Le Pen, allée intervenir sur les terres de Donald Trump, tandis que Jean-Marie Le Pen courrait, malgré son grand âge, de plateaux en plateaux pour présenter ses mémoires.
Depuis quelques semaines les médias relaient la stratégie de communication de Marine Le Pen sur le changement de nom de son parti, comme si cela était l’essentiel. Et pourtant sur le fond elle ne change rien à l’essence de son mouvement : en janvier elle précisait dans une interview qu’« il n’y avait pas de changement de ligne au Front national ». Et d’ailleurs qui pourrait en douter ? Depuis sa création, le Front National fait de la question migratoire son fond de commerce. Il y a une homogénéité d’analyse flagrante entre Marion Maréchal Le Pen annonçant dès 2016 sa volonté de travailler avec Steve Bannon, l’ex-conseiller de Trump, et son invitation au congrès du Front National par Marine Le Pen. En choisissant de mettre en scène le racisme décomplexé de Bannon, proche des néo-nazis américains, Marine Le Pen continue d’entretenir la fibre profondément xénophobe de son parti.
Sur le plan économique Marine Le Pen retrouve les principes idéologiques ultra-libéraux de son père, qui dans les années 80 prenait pour modèle Thatcher et Reagan.
Le changement ne viendra pas du Front National, mais il peut venir de la droite classique, dirigée en ce moment par Laurent Wauquiez. Cela a déjà été le cas, lorsqu’en 1998 cinq régions (Rhône-Alpes, Picardie, Languedoc-Roussillon, Bourgogne et Centre) avaient connu une alliance droite / FN. Laurent Wauquiez suivra-t-il les appels de ceux qui dans son parti, comme Thierry Mariani, entendent former un bloc des droites ? Préférera-t-il répéter la stratégie de Nicolas Sarkozy et tenter de récupérer l’électorat frontiste en maintenant une ligne dure sur l’immigration ?
Quoiqu’il en soit, une part de la réponse tient à la manière dont les médias vont traiter le parti d’extrême droite. En choisissant de mettre l’accent sur les épiphénomènes que sont le changement de nom, ou la suppression de la fonction de Président d’honneur, ils entrent dans la stratégie de communication du front national. Le parti d’extrême droite ne s’est pas dédiabolisé, il renoue avec ses origines.
Benoît schneckenburger secrétaire national du parti de gauche
Source: Actualités Parti de Gauche
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