Sortir de l’ASE et ne pas rentrer dans le supérieur: une injustice de plus…

S’il n’y a pas de petites économies pour la majorité sénatoriale de droite, il y a surtout un grand mépris pour les jeunes sortant du système de l’Aide sociale à l’enfance (ASE).
En effet, comme l’a rappelé, Emmanuelle Ajon, Vice-présidente du Conseil départemental de la Gironde, la commission des affaires sociales du Sénat vient de supprimer le pécule que percevait à son entrée dans la majorité tout jeune ayant vécu une mesure de placement. Celui-ci avait été adopté en mars 2016 par la majorité socialiste à l’Assemblée nationale, dans le cadre de la loi pour la protection de l’enfance.
Pour avoir eu des élèves dans cette situation de jeunes majeurs, je sais que l’inclusion sociale passe par leur adhésion aux mesures d’accompagnement ; elles doivent donc être solides, crédibles et probantes, témoignant d’une démarche sociale volontaire pour leur entrée dans la société.
Parmi celles-ci, le Contrat Jeunes Majeurs permet un accompagnement des projets. C’est un système géré par les départements et même s’il est inégalement réparti sur le territoire, il est un précieux sésame pour les jeunes en difficulté. Le pécule, remis à tous, vient ici,  en particulier, compléter ce dispositif.
Si je m’attache au soutien des projets des jeunes adultes en difficulté, c’est que, selon une étude dont le journal La Croix s’est fait l’écho en octobre dernier, seulement 10% des jeunes majeurs, anciens enfants placés, poursuivent leurs études dans le supérieur.
Or, à un moment où la Ministre de l’Enseignement Supérieur et de l’Innovation, vient de dénoncer la sélection par l’échec dans le Supérieur pour justifier de nouveaux critères d’entrée, supprimer ce pécule pour ces jeunes est un véritable coup d’arrêt, par discrimination sociale, dans leur projet d’études post-bac.
Il est à espérer que la Ministre fera entendre raison aux députés LREM pour revenir sur cette mesure indigne et discriminante. A moins que la pensée libérale dominante nourrisse l’hypothèse de voir fleurir, dans les prochaines années, de beaux récits de jeunes qui s’en sont sortis seuls, contre toute adversité. Mais les contes de fées n’existent pas et se satisfaire d’un pour voir échouer mille est un mépris aveugle et une injustice criante.
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Source: Actualités du PS

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