Thaïlande : inquiétudes après la promulgation de la nouvelle constitution

Le 6 avril 2017 a été promulguée la nouvelle constitution de la Thaïlande, la 20e depuis l’abolition de la monarchie absolue en 1932. Le projet avait été approuvé en août 2016 par un référendum, mais avec une expression du vote populaire biaisée par l’interdiction d’exprimer toute critique et par la répression allant de pair. Le Parti socialiste avait alors justement alerté l’opinion publique sur le danger de ce changement constitutionnel alors que de nombreux opposants politiques étaient emprisonnés sans procès. Préparée par un groupe sélectionné par les militaires, et objet d’amendements de dernière minute, la nouvelle constitution vise – craint-on – à installer dans la durée le pouvoir militaire après le coup d’État intervenu en 2014.
Certes, des élections générales sont prévues dans un an et demi environ, mais de multiples mécanismes institutionnels ont été mis en place pour encadrer le vote populaire. Ainsi, un sénat de 250 représentants, nommés par les militaires, aura la haute main sur la nomination du Premier ministre. La junte, sous le nom de « Conseil national pour la paix et l’ordre », conserve des pouvoirs très importants sur la conduite des affaires du pays. Des « corps indépendants », constitués de membres loyalistes et non élus, ont également la capacité de freiner les décisions du gouvernement ou de s’y opposer. Cette panoplie de verrous institutionnels tend à empêcher les partis politiques de jouer pleinement leur rôle dans les décisions et à barrer la route au retour de Thaksin Shinawatra, de ses épigones et de son parti, qui ont gagné toutes les élections depuis plus de 10 ans. S’ajoute à ce dispositif le maintien des lois de lèse-majesté les plus dures du monde.
Le Parti socialiste exprime son inquiétude pour l’avenir et l’unité de ce grand pays de l’Asie du Sud-Est qu’est la Thaïlande, après l’adoption de cette constitution bâtie sur l’illusion qu’il est possible de nier les conflits politiques qui ont émaillé l’histoire du pays au cours des quinze dernières années. Il affirme avec force la nécessité du respect des droits humains et de la démocratie pour parvenir, en Thaïlande comme ailleurs dans le monde, à une véritable réconciliation nationale, ce qui est l’impératif majeur. À l’inverse, l’orientation répressive des actuelles autorités thaïlandaises brise la confiance des acteurs, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, freine le développement économique, social et politique et partant, ouvre la voie à de nouvelles tensions dont les conséquences peuvent dangereusement mettre à mal l’unité du pays.
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Source: Actualités du PS

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