Nicolas Sarkozy : « L'intérêt des Calédoniens eux-mêmes, c'est le maintien dans la France. Et c'est aussi l'intérêt de la France et des Français »

Etat et collectivités

Crise du gouvernement néo-calédonien, relations entre les partis non-indépendantistes, rôle de l’État, révision des listes électorales, révision de la loi organique… Dans une interview exclusive accordée aux Nouvelles Calédoniennes en date du 4 mars, le président de l’UMP, Nicolas Sarkozy, a fait un large tour d’horizon sur la situation de la Nouvelle Calédonie.Sur la crise gouvernementale, Nicolas Sarkozy estime qu’elle « n’est pas à la hauteur des enjeux majeurs qui sont ceux de la Nouvelle Calédonie d’ici à 2018. Les forces politiques calédoniennes devraient être en train de préparer l’avenir de ce territoire, de trouver ensemble une solution calédonienne à l’après-accord de Nouméa, d’expliquer les enjeux à la population. Au lieu de cela, le camp loyaliste se livre à une lutte de pouvoir à laquelle plus personne ne comprend rien. Il est temps de retrouver de la sérénité et de la cohérence », estime Nicolas Sarkozy pour qui « la crise politique actuelle ne parait pas bien difficile à résoudre si on y met un peu de bonne volonté ».Une modification du mode de scrutin provincial dans le sens d’une représentation majoritaire et non plus proportionnelle irait, pour Nicolas Sarkozy « à l’encontre de l’esprit de l’accord de Nouméa ». Selon lui « il faut préserver cet acquis majeur » .Dans cette interview Nicolas Sarkozy a de nouveau formulé sa « conviction que l’intérêt des Calédonien eux-mêmes, c’est le maintien dans la France. Et c’est aussi, bien entendu, l’intérêt de la France et des Français. Evidemment, les non-indépendantistes seront d’accord avec moi. Mais il me semble que c’est même l’intérêt des indépendantistes, car c’est bien l’Etat qui les protège contre la brutalité des spéculateurs miniers internationaux, contre la brutalité d’un monde de plus en plus violent ».Si pour le président de l’UMP « tout n’est pas parfait, pourquoi ne pas reconnaître que le combat pour l’émancipation politique et économique, pour la reconnaissance identitaire et culturelle kanak, est en train d’être gagné », interroge-t-il estimant que l’indépendance fragiliserait « cet équilibre récent que la France protège et garantit ».Selon lui, « les loyalistes comme les indépendantistes doivent faire l’effort de mettre à jour leurs revendications pour tenir compte des évolutions positives qui ont eu lieu depuis 1988 : on ne peut pas faire comme si rien n’avait changé. A partir de là, estime Nicolas Sarkozy, on peut poser les bases d’une nouvelle solution partagée pour l’après-accord de Nouméa, qui tienne compte à la fois des aspirations légitimes des indépendantistes, dont j’ai toujours respecté le combat, et de ceux qui choisissent la France, dont je suis ». Et d’estimer que « notre devoir moral, c’est de nous montrer à la hauteur de l’héritage immense qui nous a été laissé par ceux qui nous ont précédés, dans un camp comme dans l’autre ».Enfin, Nicolas Sarkozy a exprimé son « désaccord fondamental » sur la décision de Manuel Vall de faire appliquer de manière encore plus stricte les textes sur les restrictions au corps électoral calédonien. En clair que toute personne non inscrite sur les listes électorales entre 1988 et 1998 ne peut être citoyen calédonien. « Il faut en revenir aux principes énoncés en 2007 : toute personne justifiant d’une arrivée antérieure à novembre 1998 a vocation à être inscrite sur la liste spéciale ».
Source: Actualités UMP

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