Crédit photo photosdegauche.fr (octave_honorin)
« L’heure n’est plus à demander au gouvernement une inflexion ou d’aiguillonner un changement », « que ceux qui ici n’accepteraient pas cette politique me le disent » .
Pas de langue de bois pour l’ouverture du congrès du Parti de Gauche. Du Jean Luc Mélenchon qui s’attarde sur les contenus, souligne, répète.
Il est devant des militants. Il insiste sur le devoir de porter la « parole conflictuelle à Gauche ».
« Le front de gauche a porté durant toute la campagne la confrontation de deux lignes possibles à Gauche.Aujourd’hui, c’est une réorientation générale qui est à l’ordre du jour avec un changement de gouvernement ! »
Les militant(e)s sont prévenu(e)s, le congrès ne sera pas en demi-teinte, le rouge des écharpes n’est pas là pour le décor .
Réaffirmer la stratégie d’autonomie conquérante, quoi de plus logique à l’ouverture du congrès du Parti de Gauche ? Y aurait-il quelque grincheux, l’oeil rivé sur d’hypothétiques victoires municipales de 2014 pour vouloir parler alliances à Gauche, de « rabougrissement » du programme ?
En tous cas ces grincheux sont prévenus.
Jean Luc Mélenchon rappelle, s’il le fallait, que ce qui est à l’ordre du jour, c’est bien la révolution citoyenne.
Un congrès n’est ni une grande messe, ni un meeting convivial. Jean Luc le sait qui savoure ces instants avec les forces vives d’un parti qu’il a largement contribué à faire naître, à vivre, à mûrir jusqu’à ce 3e congrès.
Je laisse là la narration des propos forts sur les soubresauts européens, l’attaque sans précédent des oligarques contre Chypre, l’entrée possible dans une zone de turbulence financière capable de gripper un système pour protéger la rente de l’euro.
Les militant(e)s sont conquis, Jean Luc Mélenchon peut compter sur leur mobilisation.
Car ce qui est en jeu, c’est bien l’implication concrête des forces accumulées depuis un an dans les développements des mobilisations qui demandent réponse politique partout en Europe.
Des phénomènes abstentionnistes, aux fortes marches portugaises et espagnoles, en passant par les résistances multiples dans les entreprises privées, la visibilité de réponses de « rupture » s’impose.
Personne n’oublie ici que les réponses en termes de « replis identitaires » sont fortes. Personne n’a le sentiment de pouvoir « prendre son temps », attendre les échéances qui « inévitablement » feraient que l’alternance républicaine imposerait la Gauche.
La rupture est nécessaire, et elle devra être portée par les forces du Front de Gauche, et au delà celles et ceux qui n’en peuvent plus de cette austérité chaotique qui ruine un à un les peuples d’Europe.
Bien évidemment, ces propos s’adressent aussi aux partenaires du Front de Gauche. Tout en rappelant l’accord fort qui s’exprime dans le texte stratégique conclu en ce début d’année, tout en invitant les militants du PG à relire et soupeser les termes de ce qui est plus qu’un consensus, tout en soulignant que tout le monde s’est bien gardé de souligner que le dernier congrès du PCF a inscrit à l’ordre du jour la « révolution citoyenne », il s’agit de prendre parti dans ce qui est le débat entre nous : transformer le coeur de la Gauche.
Et c’est bien une bataille forte d’alternative qui est proposée, pas une recherche d’accords à minima avec une opposition socialiste qui joue l’Arlésienne. Pas sûr qu’évoquer pour cela les urgences politiques européennes, la menace de l’extrême droite suffise à défaire ce qui reste un noeud de la situation politique ici, la grande illusion du « changer maintenant ».
Malgré les « sondages », les commentateurs, nier que la politique sociale libérale garde encore des adeptes et reste et restera un ruban rose à dénouer pourrait être contreproductif et porteur d’un optimisme lourd de désillusions.
Et nous en sommes revenus à cette « ligne de crête », entre l’analyse juste des mises en marche des peuples, des attaques libérales capitalistes qui les suscitent, et la nature des obstacles politiques sociaux libéraux qui ici ne sont pas encore démasqués.
C’est cela qui provoque au sein du Front de Gauche la volonté parfois de chercher des raccourcis, des évitements, et de camper dans une ligne « d’opposition » de programme, ou à l’inverse de chercher alliances en espérant faire bouger un tant soit peu les lignes.
La prise de parole de Jean Luc Mélenchon comprenait en elle même toutes ces interrogations. Devant ses militants, sa parole forte semblait trancher pour l’affirmation de la « rupture tonitruante » imposée par les faits. Il fallait faire taire les tenants de la politique des petits pas, à mille lieux des exigences politiques de la situation. C’est fait.
A suivre…….
Source: Actualités Parti de Gauche

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