Non à la mise sous tutelle des psychologues. Non au libéralisme autoritaire macronien !

La ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a annoncé le 18 juillet 2022  un effort inégalé pour la recherche en psychiatrie, en dotant de 80 millions d’euros sur cinq ans, le programme PROPSY, qui sera piloté par l’Inserm et le CNRS, et consacré aux  recherches en neurosciences et en intelligence artificielle. Côté formation des soignants, ce programme prévoit de « créer une nouvelle génération de scientifiques et de soignants en psychiatrie ». Que révèle ce projet au sein d’un secteur déjà malmené par la fermeture des lits d’hospitalisation et la réduction de la durée des hospitalisations ?
Ce programme est soutenu notamment par «FondaMental» qui a l’oreille du gouvernement. Cette association est liée à l’institut Montaigne, « thinktank » ultra libéral financé à 90 % par de grands groupes pharmaceutiques. PROPSY ambitionne de développer une « psychiatrie de précision » pour révolutionner le diagnostic. Pourtant, les neurosciences ne peuvent toujours pas établir un diagnostic avec leurs instruments spécifiques, notamment l’imagerie cérébrale. Elles sont incapables aussi de dire un mot sur les déterminations de la subjectivité qui ne sont pas visualisables dans le cerveau. Il est à craindre que les travaux de l’Inserm et du CNRS n’auront pas d’autres résultats que ceux du « comité scientifique » précédemment créé par Blanquer et présidé par Stanislas Dehaene, directeur de « NeuroSpin ». Ces travaux visaient à  « nourrir la réflexion sur la stratégie de l’enseignement à l’école en intégrant les récentes découvertes neuroscientifiques dans le domaine des apprentissages ». Apprentissages ou dressage ?
Par ailleurs, le rapport de l’Académie Nationale de Médecine de début janvier, a redéfini l’organisation des psychothérapies. Un rapport qui, dans une volonté de subordination, comme le développe Roland Gori dans un article qui tire la sonnette d’alarme, ne vise rien de moins que la mise sous tutelle médicale des psychothérapies et qui transforme les psychologues cliniciens en de simples auxiliaires des médecins bien que la plupart de ces derniers n’aient pourtant aucune qualification en matière de soins psychiques. Le dispositif Monpsy qui en découle, fait semblant de prendre en charge la souffrance psychique et la détresse sociale de tous les français, en proposant neuf séances de consultation auprès d’une/un psychologue, séances remboursées par la Sécurité Sociale et les Mutuelles. Les psychologues ne se précipitent pas à entrer dans ce système qui les dépossède de leurs responsabilités et prolétarisent leurs métiers après de longues études et des expériences approfondies sur le terrain. L’INSEE se charge de tenir « le registre des «bons» (et soumis) psychologues dans la rubrique des thérapeutes et les méchants (et insoumis) dans celle des services à la personne, avec d’importantes conséquences thérapeutiques, sociales et fiscales ». La liste officielle actuelle des psychothérapeutes dûment référencés s’en trouve disqualifiée.
 Nous rejoignons l’analyse de Roland Gori pour qui tout ceci vise à « créer un dispositif de gouvernementalité des conduites qui détermine librement les comportements des individus en choisissant d’agir comme on l’a décidé pour eux. C’est de la manipulation sociale librement consentie comme caractéristique du pouvoir « libéral autoritaire » macronien ». Foin de l’appel à la raison pour convaincre, il s’agit dorénavant d’agir insidieusement et discrètement sur les comportements en conduisant les choix par un conditionnement opérant qui amènent les personnes à désirer ce qui a été décidé pour eux. Le pouvoir macronien ne croit plus au dialogue démocratique et à la vertu thérapeutique de la parole. Il a dégradé la fonction du langage jusqu’à en faire un instrument de propagande et de complicité ».
Le Parti de Gauche condamne la para-médicalisation de la profession de psychologue et la volonté délibérée du pouvoir macronien de jeter à la poubelle l’héritage de la psychanalyse au profit des neurosciences ; non pas que ces dernières n’apportent pas leur part de vérité mais la psychanalyse, reste avant tout une pratique du cas par cas, une pratique d’écoute de la parole  dans sa dimension de vérité subjective auprès de personnes en souffrance. Seule la pluralité des approches de soin peut garantir la liberté et l’avènement d’un sujet.
Face à cette nouvelle loi fantasmatique du marché qui voudrait que chaque individu soit une sorte d’auto-entrepreneur commandé par ses gènes et surtout pas par des déterminations psychiques inconscientes ou sociales, le Parti de Gauche dénonce à nouveau ces méthodes d’enrôlement numérique et normatif que le pouvoir libéral autoritaire macronien, expert en passes sanitaires, souhaite désormais étendre à l’activité psychique de tout un chacun.
Source: Actualités Parti de Gauche

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