David Lisnard : « L’Association des maires de France sera un partenaire loyal, mais libre »

Désigné jeudi président de l’Association des maires de France (AMF), le maire de Cannes David Lisnard dévoile au JDD ses projets. Pour le nouveau représentant des 35.000 communes, celles-ci « subissent trop de textes kafkaïens ».
Quelles sont vos priorités ?
Je souhaite développer ce qui est à la fois peu visible et essentiel : les services aux élus. Cela permet aux communes démunies d’ingénierie juridico-administrative d’accéder à des appels à projet de l’Etat ou aux fonds européens, par exemple. Je veux aussi mettre en place un accès « H24 » aux services de l’AMF pour les maires qui seraient confrontés à des situations d’urgence. Nous allons par ailleurs relancer les groupes de travail pour que dans les débats par exemple sur l’urbanisme, la transition énergétique, les transports ou la fiscalité, la voix de l’AMF reste à la fois compétente et représentative. Enfin, j’aimerais voir institutionnalisé un travail en amont avec les maires sur les textes de lois et réglementaires qui concernent les collectivités. Cela contribuerait à une meilleure qualité des textes, à les rendre plus pragmatiques et à les « décompliquer ». Nous subissons trop de textes kafkaïens qui sont l’émanation d’un conformisme technocratique, comme la loi NOTRe ou plus récemment la loi climat.
Vous vous êtes fait connaitre en dénonçant « la folie bureaucratique française ». C’est un combat que vous comptez porter ?
C’est un des grands chantiers sur lesquels l’AMF veut être force d’action, de proposition et de vigilance, en soutenant l’action d’Alain Lambert au Conseil national d’évaluation des normes. Réduire le nombre de normes inutiles, c’est possible. D’autres pays l’ont fait. L’excès de normes, parfois contradictoires, nous coûte collectivement 60 milliards d’euros par an. Il est donc urgent d’améliorer l’organisation des pouvoirs publics par des espaces de liberté et de responsabilité, pour défendre à la fois le contribuable et l’usager et rester fidèle à la vocation d’un vrai service public : universalisme, humanisation, continuité, efficacité.
Faut-il créer un nouvel impôt local pour compenser la suppression de la taxe d’habitation ?
Nous arrivons au bout du rafistolage actuel. Les citoyens ont besoin de clarté et de savoir qui fait quoi et qui prélève quoi. Aujourd’hui, nous sommes de fait sous un régime de tutelle financière, et nos ressources sont noyées dans les dotations de l’Etat. Cela nous rend dépendants d’un Etat à la fois surendetté et au record mondial des prélèvements, donc sans marges de manœuvre financières, et qui reviendra à la réalité comptable une fois les élections passées. Il faut d’ailleurs souhaiter pour notre pays que cesse la spirale dépensière actuelle. Mais que se passera-t-il alors pour les ressources des collectivités? Les mécanismes d’attribution des dotations sont par ailleurs aussi abscons qu’injustes. Chaque collectivité territoriale doit pouvoir disposer d’un impôt, soit spécifique soit sur une part choisie d’un impôt national, qui engagera la responsabilité de ses élus devant les citoyens. Et l’impôt pertinent pour les communes, c’est un impôt résidentiel. Mais cela doit évidemment s’inscrire dans une baisse des prélèvements obligatoires en France : il faut à la fois alléger l’Etat et redonner de la responsabilité locale.
Votre élection est-elle un message de défiance des maires à l’égard du pouvoir actuel ?
Je constate qu’il y a eu face à notre liste une mobilisation de l’appareil d’Etat assez troublante : des maires ont été appelés par des préfets, des messages ont été passés par des ministres dans des assemblées de maires… Mais le vote des maires a été clair et net. Il faut passer à autre chose. Le rôle de l’AMF est de défendre la commune et d’être un partenaire loyal du pouvoir central. Et pour être loyal, il faut être libre.
Emmanuel Macron a promis d’être « intraitable » face aux violences contre les maires. Cela vous satisfait-il ?
Je ne fais pas de procès d’intention. J’ai eu l’occasion d’échanger avec le garde des Sceaux et l’AMF sera partenaire de l’Etat pour avancer sur ce sujet. Les maires ne réclament pas un régime préférentiel, même s’ils sont parfois plus exposés en tant qu’élus. Ce qu’il faut, c’est que chaque plainte soit traitée en France, maire ou pas. Cette question renvoie au goulot d‘étranglement du système pénal, qui est un des problèmes majeurs de notre pays.
La crise sanitaire a coûté cher aux collectivités. L’Etat doit-il leur venir en aide ?
Les maires ne quémandent pas. Ils ne demandent pas à l’Etat de leur « venir en aide » mais d’assumer sa responsabilité de titulaire de la compétence exclusive en matière de santé publique. Pendant la crise sanitaire, nous avons été proactifs et lutté contre l’épidémie d’une façon qui s’est révélée indispensable, dans le respect des textes. Il est donc juridiquement incontournable et moralement évident que l’Etat doit assumer cette charge, qui a représenté entre 5 et 6 milliards d’euros pour nos communes.
Avez-vous l’intention de vous impliquer dans la campagne présidentielle ?
Pas comme président de l’AMF, mais comme citoyen engagé, bien sûr. Quand Les Républicains auront choisi leur candidat ou candidate, je lui apporterai mon soutien. Le débat qui s’est ouvert au sein de LR est respectueux et ce n’était pas écrit d’avance. Je m’en réjouis, et ce d’autant plus que, sur le fond, est en train de se dessiner une alternative crédible.
>> Lire l’interview sur LeJDD.fr
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Source: Actualités LR

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