Guillaume Peltier : « En 2022, pas une voix ne doit se porter sur Macron »

Vice-président délégué des Républicains, Guillaume Peltier pose aujourd’hui une frontière avec le macronisme et appelle à l’union sacrée autour de LR. Opposé au « front républicain », le député du Loir-et-Cher affirme que « Marine Le Pen n’est pas l’ennemi de la République contrairement à l’islam politique ».
Quelle est votre analyse de la situation de votre parti, les Républicains, après l’imbroglio en région Provence-Alpes-Côte d’Azur ?
Nous assistons à un acte fondateur pour la droite française. Je salue l’action courageuse de Christian Jacob, d’Éric Ciotti et de notre commission nationale d’investiture : nous avons décidé de poser une frontière étanche avec le macronisme. Au fond, ce que la droite a dit clairement aux Français, c’est qu’il ne peut pas y avoir d’ambiguïté avec Emmanuel Macron. La politique, c’est la fierté des convictions et la clarté des positions : nous sommes des opposants résolus à la politique d’Emmanuel Macron et nous voulons réparer la France sur nos valeurs.
Pensez-vous vraiment ressortir grandi de cette séquence ?
La question ne se pose pas, selon moi, en termes de marketing politique. Quand la droite française s’excuse, elle se rétrécit. Quand elle s’assume, elle se grandit et donc elle grandit. Le président de la République et le Premier ministre ont tenté de créer une ambiguïté dans l’esprit des Français. Heureusement, toute la droite n’est pas à vendre.
Qu’est-ce qui vous différencie concrètement de la politique menée actuellement ?
Dis-moi quel est ton bilan, je te dirai qui tu es. Emmanuel Macron est le pire président de la Ve République. Il est le président du record de la dette (2 500 milliards), des impôts (1 OOO milliards par an), de la pauvreté (10 millions de pauvres), de l’immigration (2 millions de nouveaux étrangers depuis 2017), de l’insécurité (700 agressions par jour en France). Au fond, Emmanuel Macron incarne l’alliance entre le gauchisme culturel et la mondialisation financière. Il est tout sauf de droite. Il incarne le laxisme, la repentance, la bureaucratie. Le macronisme est né il y a dix ans précisément, le 10 mai 2011, lorsque le think-tank Terra Nova publia son rapport qui institutionnalisa le divorce entre la gauche et les classes populaires pour revendiquer uniquement une politique au service des minorités et
des surdiplômés.
Quel rôle doit donc jouer la droite pour contrer le macronisme ?
Faisons des Républicains un grand mouvement gaulliste et populaire. Il nous faut retrouver nos fondations originelles : devenir un nouveau RPF, celui du général de Gaulle, un nouveau RPR, celui du Jacques Chirac de 1976. Tout commence par l’impérieuse nécessité d’une ligne claire en tournant la page de ce quinquennat désastreux : en 2022, pas une voix ne doit se porter sur Emmanuel Macron. Quelle serait la crédibilité de ceux qui, après cinq années d’opposition résolue à sa politique, le soutiendraient ?
Vous avez posé depuis longtemps une frontière étanche avec le Rassemblement national, aujourd’hui vous la posez avec La République en marche. Quelle place reste-t-il aux Républicains ?
Une place immense, celle qu’attendent 75 % des Français qui ne veulent ni d’Emmanuel Macron ni du RN. Je ne partage pas du tout cette analyse obsessionnelle du microcosme parisien qui tente de nous enfermer intellectuellement et politiquement dans ce duel artificiel et mortifère. Il fallait poser cette frontière étanche avec le macronisme, car l’enjeu est plus que politique, il est culturel et civilisationnel. Je le répète, nous faisons face à une alliance inédite entre la tyrannie des minorités — les islamo-gauchistes, les antispécistes, les racialistes, les indigénistes — et la lâcheté des élites françaises. Nous devons porter la parole de la majorité silencieuse et récuser le politiquement correct. Aujourd’hui, quand vous dites que vous aimez la France, on vous traite de raciste. Quand vous défendez l’altérité entre les hommes et les femmes, on vous accuse d’être machiste. Quand vous défendez l’idée de bon sens que chaque enfant a droit à un père et à une mère, on vous accuse d’être homophobe. Quand vous défendez la ruralité, nos traditions ou notre souveraineté nucléaire, on vous rend coupable d’écocide. Quand vous défendez le travail et l’effort face aux excès de l’assistanat, on vous interdit de rappeler qu’en face des droits, il y a toujours des devoirs.
Face à ces minorités et à l’esprit de soumission, la prochaine élection présidentielle doit poser les bases d’une contre-révolution du bon sens, du patriotisme, du travail, de la fierté et de la grandeur de la France. La contre-révolution de la majorité silencieuse.
Que proposez-vous ?
Après un an de travail de fond et de conventions thématiques, nous présenterons, avec Christian Jacob, Agnès Evren et Olivier Marleix, un projet abouti cet été. Avec trois valeurs prédominantes : la valeur travail face au mondialisme et aux excès de l’assistanat, la valeur d’autorité face à l’islam politique et aux délinquances, la valeur de liberté face aux bureaucraties et à la pensée unique.
Éric Ciotti explique que ce qui différencie LR du RN, c’est votre « capacité à gouverner ». Quelle est la différence entre le projet populaire que vous entendez porter et ce qu’incarne Marine Le Pen, pour qui la classe populaire vote ?
Contrairement à la bien-pensance, je le dis, Marine Le Pen n’est pas l’ennemi de la République. L’ennemi de la République, c’est l’islam politique. Je conteste fondamentalement la posture du « front républicain », qui relève d’une paresse intellectuelle infinie et d’une imposture politique grotesque. Ne nous soumettons pas à la gauche, qui culpabilise sans cesse la droite française, sans être inquiétée un seul instant sur ses alliances avec l’extrême gauche. Les électeurs du RN ne sont pas des citoyens de seconde zone, ils méritent notre considération.
Toutefois, notre différence avec le RN, au-delà de ses constats parfois justes, c’est qu’il n’apporte pas de bonnes solutions : je pense notamment aux questions économiques et européennes. Plus grave à mes yeux, aujourd’hui, Marine Le Pen semble être la roue de secours d’Emmanuel Macron. Comme Éric Ciotti, je pense que voter Marine Le Pen, c’est prendre l’immense risque devoir Emmanuel Macron élu au second tour. Pour sortir de ce duel stérile pour notre patrie, j’en appelle, autour des Républicains, à l’union sacrée de tous les électeurs patriotes et républicains. Tous les amoureux de la France doivent nous rejoindre pour créer les conditions de la victoire. À l’esprit de défaite de quelques-uns, je préfère l’esprit de conquête. Avec l’écrasante majorité des sympathisants LR, je me sens plus proche d’un nostalgique de Nicolas Sarkozy ou de Philippe de Villiers, d’un électeur du RN ou d’un sympathisant de Jean-Pierre Chevènement, d’un lecteur de Marianne ou de Valeurs actuelles, de Michel Onfray ou de Sonia Mabrouk que d’Emmanuel Macron, Christiane Taubira, Anne Hidalgo ou François Hollande.
En 2017, une partie de la droite a appelé à voter Macron. Une autre partie a fait du « ni-ni ». Aujourd’hui, votre doctrine c’est « pas une voix » pour Macron. Vous pourriez appeler à voter pour Marine Le Pen en estimant que le président sortant est plus dangereux qu’elle ?
Sortons de ce duel, car l’un et l’autre se nourrissent. Je ne veux ni de l’un ni de l’autre. Mais qui peut battre Emmanuel Macron ? Seule une droite forte, fière et populaire. Je le répète, si ce duel devait advenir, ma position est claire, comme pour deux tiers des sympathisants de droite : il est hors de question que j’appelle à voter Emmanuel Macron.
Si la droite échoue en 2022, quelle recomposition politique souhaitez-vous voir ?
Il faudra alors, en juillet 2022, poser les actes d’une recomposition politique en faisant de LR ce grand mouvement populaire. Nous devrons additionner tous les talents qui veulent mettre définitivement fin au macronisme. Mais pourquoi remettre à demain ce que nous pouvons faire aujourd’hui ? L’opportunité nous est offerte. Seule une équipe de France issue de la droite avec des talents forts et un contrat de gouvernement précis peut gagner en 2022.
Dans quelle mesure accueilleriez-vous des personnalités du RN qui correspondent à votre ligne dans le cas d’une large recomposition ?
« La politique, c’est l’art de rendre possible ce qui est nécessaire », disait Jacques Chirac. Il faut donc assumer fièrement nos valeurs, notre positionnement stratégique et nous élargir. Tous ceux qui, avec lucidité et caractère, finiraient par reconnaître l’échec du macronisme ou l’impasse que constitue le RN seraient les bienvenus dans cette grande formation patriotique.
L’enjeu est de fédérer les républicains et les patriotes des deux rives. Ceux qui luttent contre la tyrannie des minorités, le gauchisme culturel, le mondialisme financier, l’immigration massive, la bureaucratie, la folie fiscale, la soumission aux diktats de la
CEDH ou de la Commission de Bruxelles. Ces convictions fondent la colonne vertébrale de notre patrie, de notre souveraineté. Est-ce que le général de Gaulle en 1940, en 1947 et en 1958, a regardé le certificat de baptême ou l’origine politique de tous ceux qui ont voulu rebâtir la France ? Je ne le crois pas.
Vous avez débuté au Front national de la jeunesse et êtes aujourd’hui numéro deux des Républicains, après dix ans passés auprès de Philippe de Villiers. Que répondez-vous à ceux qui disent, au vu de ce parcours, que vous finirez au Parti communiste ?
Churchill le résumait parfaitement : « Certains changent de convictions par amour pour leur parti, moi j’ai changé de parti par amour pour mes convictions. » Mes convictions n’ont pas changé, je suis fondamentalement de droite et je suis fier de la cohérence de mes vingt ans d’engagement politique, contre le traité constitutionnel de 2005, pour réhabiliter le travail face à l’assistanat, pour le patriotisme, pour l’autorité de l’État. Il y a trois
façons de faire de la politique. Il y a ceux qui ont des idées mais qui récusent le pouvoir, c’est la stérilité des idéologues. Il ya ceux qui rêvent du pouvoir sans avoir aucune conviction, c’est le cynisme des opportunistes. Et puis il y a ceux, comme moi, qui veulent concilier au quotidien les idées et le pouvoir : redonner du pouvoir à nos idées et mettre nos idées au pouvoir.
Mon identité politique, peut-être dérangeante pour quelques bien-pensants mais parfaitement assumée, ce n’est pas simplement d’avoir des convictions, mais de les faire gagner. Je veux pouvoir, un jour, dire à mes enfants que, non seulement, mon combat a été juste, mais qu’il a porté des fruits, qu’il a permis à notre patrie de se reconstruire. Je veux être, je serai ce lien indispensable entre la crédibilité de la droite de gouvernement et la majorité silencieuse orpheline, aujourd’hui éparpillée dans l’abstention, au RN ou ailleurs. La droite républicaine, c’est plus de cinq millions de sympathisants, des milliers d’élus locaux remarquables, la majorité au Sénat, le premier groupe d’opposition à l’Assemblée nationale : il n’y aura pas de redressement en France sans la droite républicaine.
Eu égard aux crispations et aux clivages dans notre pays, si la droite rate l’échéance de 2022, croyez-vous que la France sera encore sauvable en 2027 ?
Le plus tôt sera le mieux, mais je suis trop amoureux de la France et de notre histoire multiséculaire pour ne pas croire que la France est un miracle. C’est lorsque tout paraît perdu que tout renaît. Toute notre grande histoire, d’Hugues Capet à Jeanne d’Arc, de Napoléon à de Gaulle, puise un étonnant esprit de résistance puis de renaissance dans ses fractures profondes, auxquelles un petit noyau d’hommes d’exception met fin dans un esprit de réconciliation. Cette réconciliation est possible si tous les républicains, les patriotes et les bonnes volontés se lèvent, s’unissent et, courageusement, réparent. Se soumettre à la fatalité serait une faute contre l’esprit. La France est une immense espérance.
>> Lire l’interview sur ValeursActuelles.com
L’article Guillaume Peltier : « En 2022, pas une voix ne doit se porter sur Macron » est apparu en premier sur les Républicains.
Source: Actualités LR

Leave a Comment
Partager
Posté par

Derniers articles

Élections juin 2021 : allocution de Jean-Luc Mélenchon

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=X61WM8yrsyA?feature=oembed&w=840&h=473] Ce dimanche 20 juin à 20h05, suivez en direct l’allocution de Jean-Luc Mélenchon…

juin 20, 2021

PACA : La France insoumise appelle à aller voter et à ne pas se tromper de colère : aucune voix au RN !

Communiqué de Marina Mesure et Bernard Borgialli, co-chefs de file La France insoumise en PACA.…

juin 20, 2021

Cérémonie à Montpellier pour commémorer le 81ème anniversaire de l’appel du Général de Gaulle

J’étais présente aujourd’hui à #Montpellier à la #Cérémonie organisée à l’occasion du 81ème anniversaire de…

juin 18, 2021

Les 20 et 27 juin 2021, je vote !

Pendant des semaines, nos candidats Les Républicains, de la droite et du centre ont fait…

juin 18, 2021

AAH : « Tout le monde est pour ! Tout le monde sauf vous ! »

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=E8x9vFuLBtM?feature=oembed&w=840&h=473] Les Républicains sont pour, l’UDI est pour, le PCF, le PS, les insoumis…

juin 17, 2021

Les choses avancent dans le bon sens pour Souleyman

Les choses avancent dans le bon sens pour Souleymane, il a signé aujourd’hui son contrat…

juin 17, 2021
%%footer%%