Rachida Dati : « Anne Hidalgo méprise les Parisiens »

Avant la tenue, ce mardi, d’un Conseil de Paris, la maire du 7e dénonce la gestion de la crise dans la capitale.
Les maires ont été consultés ce week-end sur une éventuelle modification du calendrier électoral. Peut-on maintenir, selon vous, les élections départementales et régionales, étant donné la crise sanitaire ?
Aucune grande démocratie n’a différé des élections. Elles ont anticipé et se sont adaptées à l’épidémie, notamment grâce au vote électronique et au vote par correspondance. Nous avons fait des propositions au gouvernement dès le mois de mai dernier et aucune action n’a suivi. Je n’ose pas croire que ce report serait motivé pour des raisons politiciennes et non sanitaires.
La France vit sous couvre-feu et confinement depuis des mois. Est-ce tenable ? La question des libertés devient-elle un sujet de débat selon vous ?
Il y a deux poids deux mesures. Les restrictions imposées par le gouvernement ne concernent que les Français les plus civiques et disciplinés. Il y a certains territoires où ces mesures ne sont pas respectées et souvent rien n’est fait pour les faire appliquer, en parfaite connaissance du gouvernement.
Faut-il territorialiser la vaccination, notamment dans les grands bassins de population comme le sont l’Île-de-France et Paris, pour laisser aux élus la possibilité de l’ouvrir plus largement ?
La question n’est pas tant de territorialiser que de laisser des marges de manœuvre aux élus locaux pour décider des stratégies efficaces afin de circonscrire l’épidémie, permettre la reprise économique et culturelle et la réouverture des écoles. Un an de gestion de crise a montré que les élus locaux sont ceux qui connaissent le mieux la population, et sont les plus à même de trouver des relais pour aller chercher les publics à vacciner. Dans le 7e arrondissement, je me suis appuyée sur les gardiennes et gardiens d’immeuble et de résidences sociales, les médecins généralistes, les pharmaciens, les associations et les paroisses. Je pratique également des vaccinations à domicile pour ceux qui ne peuvent pas se déplacer et qui nous ont été signalés par tous ces relais. Pour une ville comme Paris, la vaccination ne peut fonctionner que dans la proximité.
Vous vous êtes prononcée en faveur de la vaccination des enseignants et du personnel des écoles. Que vous répondent la Mairie de Paris et l’État ?
Depuis le début de cette crise, je dénonce le fait qu’Anne Hidalgo n’a jamais mis en place une organisation à l’échelle de Paris ni de la vaccination ni du dépistage. Les Parisiens sont traités en fonction de la manière dont les maires d’arrondissement sont engagés personnellement auprès de leurs habitants. S’agissant du 7e arrondissement, nous sommes les seuls à avoir dépisté l’ensemble des écoles par tests salivaires afin d’éviter les clusters. Nous avons installé des purificateurs d’air dans les crèches. Et j’ai décidé d’utiliser les doses restantes pour vacciner les personnels des écoles et des crèches. À l’échelle de Paris, il n’y a eu aucune stratégie sur l’utilisation des doses restantes. La conséquence, c’est qu’au mieux elles vont à des publics non prioritaires. Souvent, elles sont injectées dans une opacité totale, comme l’a révélé un rapport de l’ARS sur des soupçons de vaccination de complaisance. Parfois même, elles sont jetées. La stratégie efficace que j’ai mise en place dans le 7e arrondissement se heurte aux menaces de la Maire de Paris qui a demandé au préfet de Police des sanctions pouvant aller jusqu’à la fermeture du centre. Bien évidemment, personne n’a cédé à ses pressions qui ne font que révéler ses carences et son absence d’action dans la gestion de cette crise.
Depuis la campagne des municipales, vous dénoncez l’état de dégradation de Paris et réclamez des mesures d’urgence en matière de propreté. Êtes-vous entendue ? La Mairie de Paris vous accuse de faire de la récupération politique…
Comme toutes les Parisiennes et tous les Parisiens, je suis révoltée de l’état de saleté et de dégradation de Paris. Le chaos dans l’espace public n’est que le reflet du chaos dans la conduite des affaires municipales: c’est une glycine centenaire coupée à l’aveugle, c’est un trottoir recouvert de bitume alors que le matériel de chantier est encore là, ce sont des feux de signalisation montés à l’envers, ce sont des bancs publics totalement dégradés et couverts de déjections, ce sont des trous béants laissés dans la chaussée et sur les trottoirs, ce sont des poubelles qui débordent et des urinoirs à ciel ouvert. Quand un espace est dégradé, on sait que la dégradation va s’amplifier. Quand un espace est propre, il est beaucoup plus respecté. Toutes les villes propres sont tenues par des maires engagés car de la salubrité, de la saleté à la sécurité, tout est lié.
Dans ces conditions, je salue le courage des agents de la Ville qui font comme ils peuvent sans orientation ni direction pour entretenir Paris. Les Parisiens ont exprimé qu’ils ne supportaient plus de voir cela. Ce hashtag #saccageparis a aussi eu un fort écho à l’international tant tous les amoureux de Paris, dans le monde entier, sont écœurés par la saleté et l’insécurité de la capitale. Nous réclamons un Conseil de Paris dédié à la propreté et à la sécurité, ce que refuse Anne Hidalgo qui a déserté Paris. À trop être dans des aventures personnelles, Anne Hidalgo méprise les Parisiens.
>> Lire l’interview sur LeFigaro.fr
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Source: Actualités LR

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