Permettez aux universités de réellement rouvrir !

Une soixantaine de députés les Républicains interpellent Frédérique Vidal, la ministre de l’Enseignement supérieur, pour qu’elle rouvre totalement les universités.
Le 22 février dernier, Frédérique Vidal, la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, assurait que les cours allaient reprendre en présentiel dans « toutes les universités et dans toutes les disciplines ». Dans une lettre ouverte, une soixantaine de députés les Républicains, emmenés par Valérie Bazin-Malgras, vice-présidente des Républicains et députée de la deuxième circonscription de l’Aube, prennent la responsable du gouvernement au mot et réclament la réouverture effective des établissements universitaires. « Nos étudiants n’auront jamais vu leurs études autant perturbées depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale », s’alarment-ils. Voici leur tribune :
Avec la crise sanitaire, les étudiants ont vu leur scolarité mise en parenthèse quasiment du jour au lendemain. S’il y a des cours à distance, ils ne peuvent pleinement compenser les enseignements en classe.
Nos étudiants n’auront jamais vu leurs études autant perturbées depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale.
Depuis la rentrée, la plupart n’ont eu que 4 à 6 semaines de cours en présentiel.
Les conséquences de ces circonstances, au-delà de la difficulté de transmettre et assimiler les riches savoirs du monde de l’enseignement supérieur, sont très lourdes pour nos jeunes.
Avec la disparition des jobs étudiants, la précarité des étudiants s’est considérablement accrue. Les banques alimentaires ont observé l’arrivée massive de jeunes parmi leurs bénéficiaires.
Certains étudiants parmi les plus défavorisés ont dû arrêter leurs études et restituer leurs logements pour tenter de s’insérer au sein d’un marché du travail historiquement sinistré.
Au-delà de la précarité qui les guette, nous devons nous inquiéter au sujet de la santé des étudiants.
La solitude et l’isolement engendrés par le confinement ont des impacts sur le bien-être des jeunes et leur santé mentale. Angoisses et dépressions sont les conséquences particulièrement vives d’un enfermement contraint et prolongé, auprès de cette population en pleine construction de son identité.
Les jeunes sont souvent logés dans de petites surfaces ce qui exacerbent les souffrances liées à l’enfermement.
L’angoisse de l’avenir, ensuite, est particulièrement forte alors que les opportunités d’embauche et les perspectives professionnelles sont considérablement réduites par la crise économique et sociale qui survient.
De nombreux phénomènes d’anxiété, comportements addictifs et attaques paniques ont ainsi été observés auprès des jeunes du fait de ce contexte incertain.
Nous devons répondre à ces angoisses pour ne pas abandonner les étudiants à leur désespoir.
Suite au premier confinement, la moitié des étudiants a déclaré avoir souffert de solitude ou d’isolement et près d’un tiers d’entre eux ont présenté des signes de détresse psychologique, d’après une enquête de l’Observatoire de la vie étudiante. Aujourd’hui, 29% des 18-25 ans sont en dépression d’après une récente étude de Santé Publique France.
Plusieurs suicides atroces sont déjà à déplorer dans les rangs des étudiants du fait de ce contexte trop pesant.
Partout, des professeurs observent un décrochage important de leurs étudiants. Partout, ces jeunes s’interrogent sur leur avenir.
Leur quotidien est fait d’enfermement devant les écrans pour tenter de suivre une scolarité brouillée par les nombreuses interférences de leurs mauvaises conditions d’études.
Au stress de cette situation s’ajoute la précarité de nombreux jeunes et de leurs familles qui renforce leur désespoir. Est-ce ce que la République s’était promise d’offrir une telle situation à la jeunesse de notre pays ?
Le 21 janvier dernier, le Président de la République a annoncé que les étudiants qui le souhaitent pourront revenir un jour par semaine, comme les salariés.
Pour autant, vous avez indiqué que la jauge de 20% de présence comprendra ‘l’ensemble des activités incluant les travaux pratiques et les groupes de dix étudiants fragiles’ déjà autorisés.
Cela réduit d’autant la possibilité laissée aux étudiants de revenir en cours qui s’avère profondément insuffisante.
Le 22 février, vous avez affirmé que « d’ici la fin du mois, tout le monde aura repris en présentiel [dans] toutes les universités et dans toutes les disciplines ».
Ces promesses pour calmer la grogne et le désespoir légitimes des étudiants se heurtent à une réalité en décalage complet avec de telles annonces.
Non, tous les étudiants ne pourront reprendre les cours en présentiel. C’est faire fi des réalités du terrain et du cadre trop resserré qui est encore imposé aux universités que d’affirmer le contraire.
Madame la Ministre, il conviendrait de ne pas jouer avec les mots et les artifices de la communication qui ne correspondent pas à la réalité vécue par les étudiants !
Vous devriez plutôt assurer des jauges suffisantes pour permettre un retour effectif des étudiants sur les bancs de l’enseignement supérieur.
Il est également indispensable que votre Ministère formule des propositions pour faire vivre les campus et recréer une vie étudiante source d’épanouissement. Cela est possible tout en respectant les contraintes sanitaires et les étudiants en ont grand besoin.
La lutte contre l’épidémie implique des efforts, nos étudiants l’ont bien compris, mais elle ne doit pas les condamner.
N’attendez pas qu’il soit trop tard et que l’expression malheureuse de « jeunesse sacrifiée » devienne réalité.
>> Lire la tribune sur LeJDD.fr
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Source: Actualités LR

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