Eric Ciotti : « La commission d’enquête va ouvrir le temps de la vèrité »

Eric Ciotti, député des Alpes-Maritimes et rapporteur général de la commission d’enquête parlementaire sur le coronavirus, veut savoir si le confinement aurait été nécessaire si la France avait été mieux préparée face au virus.
Présidée par la députée LREM Brigitte Bourguignon, la commission d’enquête parlementaire sur le Covid-19 a été installée ce mercredi. Son rapporteur général Eric Ciotti répond à nos questions.
Pourquoi transformer la mission d’information parlementaire sur le Covid-19 en commission d’enquête ?
La mission d’information a été installée au début de la crise pour contrôler la mise en œuvre de l’état d’urgence sanitaire à un moment où le Parlement n’avait quasiment plus d’activité. C’était une forme de pis-aller qui a démontré ses limites puisqu’elle s’est souvent transformée en conférence de presse de l’exécutif. La commission d’enquête va ouvrir le temps de la vérité et non plus de la communication. C’est une volonté exprimée par LR à l’initiative du président de groupe Damien Abad et de Christian Jacob.
Quels seront les principaux champs d’investigation ?
Je souhaite personnellement comprendre comment la prise en charge hospitalière des résidents malades des Ehpad a été gérée. Il faudra se pencher sur la question des stocks de masques qui ont fait cruellement défaut au début de la crise. Comment sommes-nous passés d’1,7 milliard de masques lorsque Nicolas Sarkozy a quitté la présidence de la République en 2012 à peine 100 millions en janvier 2020?
Il y a une multitude d’autres questions sur le retard dans la mise en œuvre des tests virologiques, des contrôles aux frontières, sur le manque de respirateurs à l’hôpital, sur l’organisation de grands événements sportifs et culturels qui ont pu favoriser la propagation du virus. Il faudra analyser le lien entre l’impréparation de nos structures et l’exigence du confinement : est-ce que, si nous avions été mieux préparés, le confinement aurait été toujours nécessaire?
Vous souhaitez également évoquer la « liberté de prescription médicale » qui, selon vous, a été « remise en cause »…
Les médecins de ville ont vu leur liberté de prescription, qui est pourtant l’un des principes fondamentaux de la médecine, mise à mal par voie réglementaire, notamment sur l’hydroxychloroquine. Je n’ai pas la moindre compétence scientifique pour émettre un avis personnel sur l’utilité ou non de ce traitement mais je souhaite que notre commission se penche sur les raisons qui ont conduit l’exécutif à mettre en place une procédure totalement exorbitante du droit commun. Elle devra écouter les spécialistes qui ont été au cœur de ces débats, notamment le professeur Raoult.
Outre Didier Raoult, qui souhaitez-vous auditionner ?
Tous ceux qui ont participé à la gestion de cette crise au titre de l’exécutif ou de la haute administration auront vocation à apporter leur éclairage. Personnellement, je souhaite que la liste soit la plus large possible et qu’elle embrasse des périodes précédentes. Tous les ministres de la Santé depuis 2005 ont vocation à s’exprimer.
Le Premier ministre sera-t-il amené à témoigner ?
C’est lui qui, sous l’autorité complexe du président de la République, a géré cette crise. Il aura vocation bien sûr à être entendu.
Et Agnès Buzyn ?
Agnès Buzyn sera donc au cœur des questions principales, d’autant qu’elle a fait des déclarations au Monde, qu’elle semble regretter aujourd’hui, qui sont extrêmement choquantes et qui semblent dire qu’elle avait transmis au président de la République et au Premier ministre des informations préoccupantes dont il n’a pas été tenu compte. Il faudra vérifier tout cela.
Est-ce que votre enquête parlementaire peut-elle déboucher sur des suites judiciaires ?
Une commission d’enquête n’est pas un tribunal. Nous n’avons d’ailleurs pas à empiéter sur des domaines dans lesquels la justice est saisie.
Envisagez-vous de demander à d’anciens présidents de la République de venir témoigner ?
Pourquoi pas ? Rien ne l’empêche constitutionnellement. François Hollande pourrait ainsi expliquer pourquoi l’établissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires a été dissous en 2016 alors que c’était un outil très réactif dans la gestion des stocks d’équipements de protection.
>> Lire l’interview sur LeParisien.fr
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Source: Actualités LR

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