Guillaume Peltier : « Il n’y aura pas d’unité sans vérité »

Guillaume Peltier, vice-président des Républicains et député de Loir-et-Cher, propose la création d’un Conseil national de la reconstruction.
Pour financer la santé et Agriculture, le député de Loir-et-Cher veut supprimer des jours de RTT et augmenter les salaires.
L’union nationale peut-elle durer ?
Le temps n’est pas à la vanité, mais à l’unité. Toutefois, il n’y aura pas d’unité sans vérité. Emmanuel Macron devra s’expliquer car, secrétaire général adjoint de l’Elysée dès 2012, il est aux responsabilités depuis huit ans : comment a-t-on pu en arriver là ? Cette crise n’est pas une crise de plus, mais la fin d’un monde. Nos gouvernants nous ont vendu une société sans nation, sans frontières, sans industrie, sans villages… Tous ces mots ont été jetés en pâture et la mondialisation heureuse est devenue le malheur des peuples. C’est l’échec du mondialisme financier, couplé à la haute administration centralisée, que cette crise vient aussi solder.
Votre constat n’est-il pas très proche de celui des Insoumis ?
C’est tout le contraire : notre vision s’inspire de celle du général de Gaulle comme de celle de Nicolas Sarkozy. Il faut un électrochoc. Je salue les efforts de l’Etat et des territoires, à l’image de Gérard Larcher, des maires avec François Baroin, des départements avec Dominique Bussereau, des Régions avec Renaud Muselier. Nous devons soutenir la France du travail. Avec mes collègues, j’ai déposé une proposition de loi pour reconnaître l’état de catastrophe sanitaire. Nous demandons aussi des prêts bancaires à taux zéro. Mais cela ne suffira pas.
Que faut-il faire ?
Poser collectivement les fondations d’un monde meilleur. Le gouvernement pourrait créer un Conseil national de la reconstruction (CNR) composé de parlementaires, des collectivités territoriales, d’entreprises et de salariés, sur le modèle du Conseil national de la Résistance, dans un esprit de concorde nationale. Première mesure du CNR : un audit complet des finances publiques. La France, c’est 1000 milliards d’euros d’impôts et 56 % de prélèvements obligatoires et, pourtant, nous manquons de tout. Mais où va donc cet argent ? Ce CNR pourrait présenter trois révolutions. D’abord, un nouveau principe politique, celui de l’Etat nation, de l’Etat stratège. Le patriotisme économique est la clé de la reconstruction : pourquoi ne pas sanctuariser la santé et l’agriculture avec un budget dédié, financé par le don de jours de RTT ? L’Europe doit s’emparer aussi du défi de l’autosuffisance alimentaire et sanitaire.
Vous tordez le cou aux 35 heures ?
Contribuer à l’effort national en supprimant jusqu’ à cinq jours de RTT, c’est poser la question légitime du temps de travail. Mais à la condition d’augmenter les salaires. Trop longtemps, la France a demandé des efforts aux mêmes : les travailleurs. Face à la rente et à l’assistanat, jamais la France du travail n’a autant mérité d’être récompensée. Et la France ne se redressera que par le travail.
Mais comment ?
Par la baisse des charges. Ce serait la deuxième orientation du CNR : le travail vaut plus que la finance. La France ne tient debout que par l’héroïsme des humbles : soignants, caissiers, chauffeurs… Nous pourrions permettre aux entreprises d’accorder jusqu’à 5 000 euros de prime défiscalisée, pour nos héros du quotidien, les milieux de cordée qui sont en première ligne. Enfin, nous devons faire de nos provinces le coeur battant de l’industrie, du tourisme, de l’agriculture. Produire au plus près apparaît enfin comme un impératif écologique, économique et sanitaire. Nous pourrions exonérer fiscalement toute entreprise française qui produit à l’étranger et revient en France. Supprimons aussi des impôts de production : ce CNR pourrait mettre fin à la contribution sociale de solidarité des sociétés.
C’est le grand retour de la droite sociale ?
Au-dessus des sensibilités sociales et libérales, ce qui nous rassemble chez lR, c’est l’idéal d’une France gaullienne. Entre le mondialisme financier et technocratique d’un côté et la tentation nationaliste de l’autre, la seule alternative possible, c’est le patriotisme durable.
>> Lire l’interview sur LeJDD.fr
L’article Guillaume Peltier : « Il n’y aura pas d’unité sans vérité » est apparu en premier sur les Républicains.
Source: Actualités LR

Leave a Comment
Partager
Posté par

Derniers articles

Ce vendredi 30 octobre, rassemblement « La République contre le racisme » à Trappes

Ce vendredi 30 octobre, la France insoumise invite à participer au rassemblement contre le racisme…

octobre 29, 2026

Pas de nazis, ni à Paris, ni au Plessis !

Communiqué du groupe LFI à l’Assemblée nationale Quelques jours après l’attentat raciste de Trappes qui…

octobre 28, 2026

Samedi 7 novembre, RDV au Parc des Expositions du Bourget, près de Paris, pour un Grand meeting de Jean-Luc Mélenchon !

Samedi 7 novembre à 15 heures, rendez-vous au Parc des Expositions Paris Le Bourget pour…

octobre 23, 2026

Nous dénonçons la fuite en avant autoritaire du pouvoir

Les libertés publiques ne peuvent pas être une variable d’ajustement d’un exécutif en perdition. Elles…

octobre 23, 2026

La France insoumise à la Paris Games Week : pour une politique publique du jeu vidéo

Le vendredi 23 octobre, la France insoumise se rendra à la Paris Games Week 2026.…

octobre 22, 2026

Avec la jeunesse, contre la vie chère : manifestons partout en France samedi 24 octobre !

Le 17 octobre était un jour de mobilisation historique. Près d’un million de personnes ont…

octobre 21, 2026