Le bilan d’Emmanuel Macron : davantage de régimes spéciaux après lui qu’avant !

Pour faire passer la réforme, le gouvernement a lâché du lest sur plusieurs régimes de retraite spécifiques à certaines professions, notamment les pilotes de ligne ou encore les danseurs de l’Opéra de Paris. Pour Guillaume Peltier, le système voulu par le gouvernement n’a donc plus rien d’universel et créé plus de complexité et de régimes spéciaux après la réforme qu’avant.
Depuis le début du mois de décembre dernier, les Français sont confrontés à des grèves et à des blocages. Tout en sachant l’immense difficulté que ces derniers représentent pour nos travailleurs et nos entrepreneurs, nous pourrions légitimement penser qu’il s’agit là d’un « mal pour un bien », et qu’une fois ces blocages surmontés, notre système de retraite serait enfin pérennisé et davantage performant. Pourtant, il n’en est rien. Avec Emmanuel Macron, les Français auront la double peine : les blocages et l’absence de réforme.
Des concessions coûteuses
Le président de la République est un illusionniste. Sa promesse de campagne était de mettre en place un « régime universel », c’est-à-dire un même régime de retraite pour tous, avec la suppression de l’ensemble des régimes spéciaux. Au cours du grand débat consacré aux retraites, en octobre 2019, il réitérait sa promesse devant l’assistance en ces termes : « Il n’y aura plus de régimes spéciaux à proprement parler. Ce n’est pas possible dans un système universel par points. Si je commence à dire qu’on garde un régime spécial pour l’un, ça va tomber comme des dominos. » La suite ?
Les dominos ont commencé à tomber. La liste des régimes spéciaux ne cesse de s’allonger au fil des semaines : c’est désormais au tour des contrôleurs aériens, des pilotes de ligne et des personnels navigants, des danseurs de l’Opéra de Paris , des marins pêcheurs, des routiers, des cheminots…
Nous avions jadis un régime général avec des régimes spéciaux ; nous aurons demain un régime universel avec des régimes particuliers. Le bilan d’Emmanuel Macron : davantage de régimes spéciaux après lui qu’avant lui !
Pire, l’ensemble de ces concessions représente un coût pour les finances publiques, qui pèsera encore une fois sur les seuls salariés du secteur privé. Or, ce coût risque d’être exorbitant : comme le répète Eric Woerth, le président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, les concessions pourraient se chiffrer en dizaines de milliards d’euros.
Main basse sur les réserves
Pour éponger les déficits qu’il creuse, le gouvernement a pourtant dégainé une solution aussi injuste qu’inique : faire main basse sur les réserves des régimes complémentaires. Si les réserves existent, elles ne sont pas tombées du ciel : elles résultent d’une bonne gestion, d’efforts et de sacrifices consentis par les professions concernées. Ainsi, les réserves accumulées seraient de 70 milliards d’euros pour les salariés du secteur privé (Agirc-Arrco), de 24 milliards d’euros pour les professions libérales, de 17 milliards d’euros pour les indépendants et de 8,5 milliards d’euros pour les contractuels de la fonction publique… Soit un montant pharamineux de 137 milliards d’euros ! Est-ce faire preuve de justice sociale que de dilapider les réserves des uns pour éponger les déficits des autres ? Nous vivons la fable de La Fontaine « La Cigale et la Fourmi », mais à l’envers… Au final, ce sont les bons gestionnaires qui paieront pour les autres.
En outre, des décennies de transition sont prévues avant l’application du nouveau régime, aggravant de fait la complexité du système. Pour les salariés du secteur privé et pour les fonctionnaires, trois régimes coexisteront : le régime actuel pour ceux qui sont nés avant 1975 ; le régime actuel jusqu’en 2025 puis le nouveau régime pour ceux qui sont nés entre 1975 et 2004 ; et enfin le nouveau régime à partir de 2022 pour ceux qui sont nés après 2004.
Chacun peut le constater, nous sommes à mille lieues de la simplification et du « régime universel égal pour tous ». Emmanuel Macron a réussi l’exploit de diviser la société française en présentant une réforme qui n’est ni juste ni financée. C’est un président qui divise et qui fracture. Nous souhaitons tout l’inverse : rassembler les Français derrière une réforme qui assurerait le financement des retraites et améliorerait le sort des plus modestes.
Guillaume Peltier
Vice-président délégué
Député de Loir-et-Cher
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Source: Actualités LR

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