Mobilisation des jeunes pour le climat : les adultes ne doivent pas regarder ailleurs

C’est une triste rengaine. Celle qui conduit les jeunes de nos pays à emboiter le pas de l’écolière suédoise Greta Thunberg, dans son cri d’exaspération face à l’inaction des décideurs dans le domaine climatique.
Semaine après semaine, aux quatre coins du monde, les regroupements se multiplient, les cortèges se font plus nombreux et la mobilisation grandit.  Au point que ce mouvement des jeunes générations invite certains à l’espoir. Alors qu’elle est d’abord et avant tout une gifle mais aussi la terrible traduction d’une carence, d’un immobilisme et d’un échec du monde des adultes.
Comment considérer autrement cet exercice insensé, répété par celles et ceux qui sont pourtant marqués au sceau de la jeunesse et de l’insouciance ? Disons-le tout net au risque de choquer le bien-pensant du moment : une grève de l’école, par des enfants, n’a pas lieu d’être.
Car il ne s’agit pas ici d’une mobilisation traditionnelle, de celle qui invite la jeunesse à investir l’espace public, à s’associer à une révolte ou à découvrir l’apprentissage de la citoyenneté.  Cette grève de l’école, c’est un rappel à l’ordre face à la folie et à l’inaction des hommes : elle est le point ultime, le cri d’alarme d’une jeunesse qui, comme les femmes de Lysistrata, se fait l’avocat de la raison.
La bataille contre le réchauffement climatique est une bataille trop sérieuse pour être laissée à des enfants. Mais encore faut-il que les comportements des responsables politiques sortent des clichés quelque peu puérils.
Soyons honnêtes : il y eu du pathétique, mais aussi une forme d’indécence, dans l’enfantillage de Brune Poirson et de Gabriel Attal, pour les conduire à s’afficher fièrement sur les réseaux sociaux dans le cortège de la marche « Youth Climate Strike » du 15 mars dernier.
Comment, en effet, deux actuels secrétaires d’Etat ont-ils pu chercher ostensiblement à récupérer un mouvement dont la raison d’être est précisément l’inaction de celles et ceux qui nous gouvernent et dont eux-mêmes font partie ?
Par incompréhension, peut-être. Par opportunisme,sans doute. Par irresponsabilité, sûrement. Comme celle qui a pu amener le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, à annoncer  en catastrophe l’organisation de débats sur le climat dans tous les lycées de France.
Cette précipitation à vouloir mettre le climat à l’agenda des cours des lycéens constitue non seulement une maladresse mais surtout une erreur : c’est d’abord et avant tout à l’agenda du Parlement qu’il convient de l’inscrire.
La mobilisation de notre jeunesse, aussi louable soit-elle, traduit en premier lieu la faillite des décideurs qui, plutôt que de s’en réjouir et de l’encourager, devrait avant tout l’analyser comme un signal d’alarme et une injonction à enfin assumer pleinement leurs responsabilités.
Il n’est que temps.
Cet article Mobilisation des jeunes pour le climat : les adultes ne doivent pas regarder ailleurs est apparu en premier sur Parti socialiste.
Source: Actualités du PS

Leave a Comment
Partager
Posté par

Derniers articles

IA : les États-Unis viennent de rappeler au monde que la souveraineté technologique n’existe pas sans maîtrise des infrastructures

La décision prise cette nuit par l’administration américaine d’imposer à Anthropic la suspension mondiale de…

juin 13, 2026

Victoire pour la vérité et la justice pour Nahel : la Cour de cassation estime que la qualification de meurtre aurait dû être retenue.

Communiqué du groupe LFI à l’Assemblée nationale La Cour de cassation vient d’estimer que le…

juin 12, 2026

Albanie : soutien à la résistance populaire contre l’oligarchie et la corruption

La France insoumise exprime sa solidarité avec les mobilisations du peuple albanais contre les projets…

juin 11, 2026

A NOTER DANS VOS AGENDAS

Le REIC vous demande de noter ces dates importantes dans vos agendas :  Mer 17…

juin 10, 2026

COTISATIONS : REMPLISSEZ LE FORMULAIRE AVANT LE 15 JUIN !

Nous rappelons que l’adhésion au REIC correspond à la signature d’une charte de l’élu·e et…

juin 10, 2026