PAC : la France doit fixer un cap dans la tempête

L’annonce par la Commission européenne d’une baisse drastique du budget de la PAC et de sa « re-nationalisation » est une alerte majeure, non seulement pour notre agriculture, mais pour toute notre société.

A l’instar du projet européen, la PAC a besoin qu’on lui redonne des couleurs et une perspective d’avenir sur le long terme.

• Nous devons défendre à la fois le volume et l’efficacité du budget alloué à la PAC: l’Europe agricole du futur doit réinventer des mécanismes de régulation afin de rompre avec le cycle des crises destructrices du revenu des producteurs. Une PAC responsable doit mettre en œuvre des mécanismes associant des aides recouplées et contracycliques.

• Une Europe responsable doit mettre fin aux concurrences intracommunautaires stériles. Au nom de l’exception agri-culturelle, nous devons remettre en cause le dumping social et environnemental du CETA et du MERCOSUR et inventer des traités de nouvelle génération. Une Europe responsable doit s’interdire pour des raisons éthiques de fragiliser, par ses pratiques commerciales, les paysanneries des pays en voie de développement car « le monde aura besoin de toutes les agricultures du monde pour nourrir le monde » (Edgar Pisani).

• Une PAC plus équitable et plus durable doit faire du renouvellement des générations dans l’agriculture une priorité. Cela passe par un plafonnement et une différenciation des aides en fonction de la surface par actif. A l’empilement des dispositifs normatifs actuels, nous devons substituer une logique de résultats pour défendre une agriculture agronomiquement plus intégrée et accélérer la transition agroécologique.

• Une PAC plus citoyenne doit mieux associer la production agricole à l’alimentation, la santé humaine, la lutte contre le changement climatique, la protection du sol. Elle doit d’abord miser sur l’économie des territoires et l’emploi.

Parce que la nourriture n’est pas une marchandise comme les autres, l’agriculture ne peut être la variable d’ajustement d’une mondialisation sans foi ni loi.
La PAC ne doit plus être considérée comme un budget conservateur de la vieille Europe, mais comme un investissement d’avenir pour nos territoires et notre planète. Un investissement d’avenir pour la dignité de tous ceux qui travaillent la terre.

En 2012, le Président de la République et Stéphane Le Foll se sont mobilisés pour préserver et réorienter le budget de la PAC. Pour l’exécutif, aujourd’hui, c’est l’heure du choix. Face aux propositions de la Commission européenne, toute ambiguïté affaiblirait la France. Nous attendons une vision et une volonté sans faille.

Nous proposons au Gouvernement de constituer dès demain une union politique trans-partisane pour promouvoir, à travers la PAC, un renouveau du modèle européen.
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Source: Actualités du PS

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