Décembre 2015: le projet de François Hollande d’instaurer la possibilité de déchoir de leur nationalité des citoyens français convaincus d’actes de terrorisme contre la France soulève –à juste titre- un tollé parmi tout ce que la France compte d’intellectuels, de juristes, mais aussi de militants associatifs et politiques engagés pour les droits de l’Homme. Il fait la « une pendant des jours de tous les médias. Il devient le symbole de la trahison des idéaux de la gauche.
Juin 2017: le projet d’Emmanuel Macron d’insérer dans le droit commun des pouvoirs donnés à l’administration à titre extraordinaire, alors qu’elles relèvent constitutionnellement de la compétence de l’autorité judiciaire (perquisitions, rétentions administratives et assignations à résidence sans juge) suscite l’indifférence. Hormis les professions judiciaires et quelques associations de défense des droits de l’Homme qui parlent quasiment sans écho, cela n’intéresse personne ou presque…
Passons sur le fait qu’Emmanuel Macron avait alors vertement critiqué le projet de déchéance de nationalité au motif notamment que les démocraties ne doivent pas reculer sur leurs valeurs au nom du terrorisme, sauf à perdre leur âme. Il avait raison.
Le problème, c’est qu’il fait aujourd’hui la même chose et même bien pire en fait: contrairement à la déchéance de nationalité, mesure forte mais symbolique ne concernant potentiellement que quelques personnes et encore, les mesures de l’état d’urgence concernent des centaines, voire des milliers de personnes chaque année. Bien plus, elles écornent un principe fondamental: pas d’atteinte aux libertés qui ne soit décidé par un juge –et pas seulement sous son contrôle a posteriori.
Pourquoi tous ces citoyens, de gauche et de droite, tous ces démocrates sincères, ne s’indignent-ils pas? Pourquoi cette question ne fait-elle pas la « une? Pas parce que c’est moins grave, mais juste parce que le contexte a changé: on s’en voudrait presque, dans la France de juin 2017, de critiquer le Jupiter qui doit transformer notre pays de la cave au grenier.
Voilà pourquoi il faut une diversité politique dans une démocratie. Voilà pourquoi je n’accepte pas le message politique actuel de LREM: « le projet est à prendre ou à laisser, vous votez tout ou alors vous ne comptez pas.
N’en déplaise à ceux-là, il faudra, il y aura demain, une gauche à la fois ouverte mais aussi vigilante pour dénoncer des mesures qui doivent l’être. C’est le rôle des partis politiques, des élus et il est indispensable: la preuve vient d’être faite que l’indignation citoyenne est à géométrie variable.
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Source: Actualités du PS
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