Agnès Pannier-Runacher, image du système macronien

Madame Agnès Pannier-Runacher, ci-devant ministre de la transition énergétique du gouvernement Borne, vient d’être blanchie par la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique d’éventuels manquements aux obligations déclaratives et de risques de conflits d’intérêts suite à la dissimulation de ses parts dans la société Perenco.
En novembre 2022, une enquête du site d’information Disclose relève des liens familiaux très proches (entre son père et ses trois enfants) avec la société Perenco, le numéro deux français du pétrole dont les investissements sont réalisés dans des paradis fiscaux installés dans le Delaware, en Irlande et à Guernesey. Le père de la ministre, Jean-Michel Runacher, ancien dirigeant de Perenco, décide en 2016 de créer la société Arjunem pour transmettre une partie de sa fortune à ses petits-enfants, alors âgés de 13 ans, 10 ans et 5 ans, tout en évitant de payer des droits de successions. Pour 10 euros chacun, les enfants entrent au capital, Agnès Pannier-Runacher signe et Jean-Michel Runacher apporte les 1,2 million d’euros restant déposés dans une banque privée au Luxembourg. Cette société Perenco spécialisée dans l’exploitation des puits de pétrole en fin de vie,  est accusée de rejets dans la nature,  de torchage illégal et d’enfouissement de déchets sans autorisation, en particulier en République Démocratique du Congo. Qui plus est, les gestionnaires des fonds d’investissement liés à Perenco sont les mêmes qui gèrent certains fonds privés de la famille Runacher. Préjudice écologique majeur et arrangements financiers !
La députée LFI  Clémence Guetté s’est interrogée, à juste titre, sur « la probité » pour accélérer sur les énergies renouvelables d’« une ministre dont les intérêts financiers indirects sont visiblement liés à des entreprises pétrolières ». Nous posons donc la question : Agnès Bays-Pannier-Runacher est-elle  ministre de la transition énergétique ou des intérêts pétroliers ?
Rappelons que Madame Agnès Pannier-Runacher a piloté au  Ministère de l’Economie et des Finances le processus des enchères pour l’attribution des fréquences 5G qui nous envoient des ondes surpuissantes et permettent de mieux contrôler tous nos faits et gestes, a mis en place la réforme de la tarification à l’activité à l’APHP, la réforme qui a détruit le service public de l’hôpital, a été en charge du suivi stratégique et financier de la Caisse des Dépôts et Consignations, bras armé de l’État dans le capitalisme à la française, a  fait un saut dans le privé pendant un an chez l’équipementier automobile Faurecia en décembre 2011 et avoir été membre de multiples conseils d’administration, elle est revenue à la CDC gérer le développement de la Compagnie des Alpes c’est-à-dire qu’elle a contribué à détruire un peu plus l’environnement fragile de la montagne.
Elle est nommée secrétaire d’État auprès du ministre chargé de l’Économie et des Finances en 2018, malgré de potentiels conflits d’intérêts liés à son passé de dirigeante d’entreprises privées, à sa présence au sein de multiples conseils d’administration, et au poste de son époux chez ENGIE. Elle gère la pénurie de masques, un des scandales de l’ère Macron : elle gère tellement bien que cela aboutit à une  surproduction de masques en tissu et à plus de 40 millions de masques fabriqués en France invendus. Elle refuse malgré les appels émanant des oppositions et des syndicats, de nationaliser l’usine Luxfer de Gerzat, la seule usine de fabrication de bouteilles liquides médicales de l’UE, dont les salariés occupaient le site depuis sa fermeture en 2019 pour exiger la reprise de l’activité.
Le remaniement de juillet 2020  lui permet de se hisser au poste de ministre déléguée à l’Industrie, ce qui la conduira notamment à diriger le pôle français des négociations européennes pour l’approvisionnement en vaccins contre la Covid 19.  Elle fait cette forte déclaration : « en matière de transition écologique, l’industrie française n’est pas le problème, c’est la solution ! » car « les industriels s’adaptent à une demande et la demande, c’est nous » !
En octobre 2020, elle est accusée de « pressions graves et inacceptables » sur des députés, dans le but de les dissuader de déposer un recours au Conseil Constitutionnel sur le projet de loi ASAP, un texte discuté en procédure accélérée et accusé de contenir des articles n’ayant aucun lien avec le projet de loi.
Elle a été  nommée ministre de la transition énergétique le 20 mai 2022 alors qu’elle n’a aucune expérience sur les sujets liés à son poste. De plus, la loi d’accélération de la production d’énergies renouvelables, qu’elle a défendue comme ministre, est accusée de défaire le droit de l’environnement en réduisant l’information du public, les études d’impact et en autorisant le démarrage des travaux sans autorisation environnementale dans le cadre d’implantations industrielles. La ministre veut favoriser l’implantation de panneaux solaires au milieu des champs et transformer les agriculteurs en producteurs de kilowatts ; peu lui chaut le désastre environnemental et le risque d’abandon de cultures indispensables !
On connait par ailleurs ses déclarations en faveur d’un système de retraite par capitalisation ; pendant la pandémie de Covid 19, durant le krach boursier de 2020, elle déclare : « c’est plutôt le moment de faire des bonnes affaires en Bourse aujourd’hui » !  Le 13 avril 2020, dans le contexte de crise financière, elle estime qu’il « faudra probablement travailler plus qu’on ne l’a fait avant » pour « rattraper ce mois perdu », se faisant ainsi l’écho de déclarations du président du Medef !  Elle se félicite du bon bilan  du gouvernement sur les questions d’égalité hommes-femmes, alors que ce gouvernement ne fait que prolonger l’inertie des précédents ; elle déclare enfin que  les jets privés  n’ont quasiment aucun impact climatique !
Tout ceci pour dire qu’Agnès Pannier-Runacher est une sorte de figure symbolique de la caste qui nous dirige, à plein dans la connivence des élites françaises, à plein dans le hors-sol hyper-libéral, à plein dans le mépris de la démocratie.
Alors qu’elle est candidate en dernière position sur la liste de Laurent Pietraszewski dans les Hauts-de-France, pour les élections régionales, le site Politico a dévoilé que celle-ci avait « désormais une partie de sa vie personnelle dans le Pas-de-Calais. Autrement dit, sa résidence principale se trouverait à Lens, au domicile de son conjoint… son chef de cabinet à Bercy, l’ancien député PS Nicolas Bays. Elle doit donc officialiser sa mise en couple avec Nicolas Bays, son chef de cabinet, pour se porter candidate, en se déclarant domiciliée chez ce dernier. Puisque l’article 11 de la loi de 2017 pour la confiance dans la vie politique « interdit à un membre du gouvernement de compter parmi les membres de son cabinet son conjoint (…) ou concubin », ce qui est passible de 3 ans d’emprisonnement. Nicolas Bays démissionne de son poste le 22 mai.
Ce genre d’amateurisme, tout entier dû au sentiment d’impunité que la caste nourrit à force de vivre coupée des réalités, montre combien cette République est mal dirigée.
Pour couronner le tout, elle habite,  avec son ex-chef de cabinet, Nicolas Bays, ex-député socialiste du Pas-de-Calais sous Hollande, un appartement à Lens, Pas-de-Calais, logement loué par Nicolas Bays à une SCI appartenant à la famille d’Olivier Dassault depuis 2017, ce qu’elle prétend ignorer ! Il est vrai que Nicolas Bays a été avec feu Olivier Dassault vice-président du groupe d’amitié France-Qatar, et qu’il a aussi été vice-président de la commission de la défense nationale et des forces armées. Cherchez l’erreur !
Le Parti de Gauche réaffirme que cette collusion avec des intérêts privés, cette tricherie et ces dissimulations permanentes quand on prétend gérer la chose publique sont inacceptables !
Le Parti de Gauche dénonce les prises de position de la ministre uniquement soucieuse de défendre les intérêts du grand capital au détriment du peuple et de l’environnement et demande sa sortie du gouvernement.
Source: Actualités Parti de Gauche

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