Question écrite sur la liquidation programmée du service public postal

Question N° 13985 publiée au Journal Officiel le 06/11/2018 page : 9893
Mme Mathilde Panot alerte M. le ministre de l’économie et des finances, en charge des postes, sur la liquidation programmée du service public postal.
Depuis le début des années 2000, les conditions d’emploi y sont volontairement dégradées, en même temps que les activités marchandes prennent une place considérable dans l’activité quotidienne. Plus de 80 000 postes de facteurs ont été supprimés en 10 ans.
Les processus de travail eux-mêmes sont revus, dans le sens d’une disparition du métier de facteur, au profit d’agents spécialisés, qui dans l’emballage des marchandises, qui dans la vente de services en agence, qui dans la distribution de courriers. La complexité du métier est dissoute par une division du travail soi-disant rationnelle, en réalité génératrice de souffrance sociale et très coûteuse, pour les salariés comme pour les usagers.
Dans ce cadre, La Poste se retire de nombreux territoires et abandonne les usagers. Ainsi, le nombre de bureaux de poste de plein exercice a été divisé par deux depuis 2005 (de 14 000 à 7 000). Si les plans de la direction de La Poste, selon laquelle l’objectif consiste à les réduire à 3 400 en 2023, elle lui demande comment il envisage que soit assuré le service public postal avec un bureau pour dix communes en France. Elle souhaite savoir comment il choisira les villes dont les habitants n’auront plus le droit d’envoyer du courrier s’ils ne sont pas mobiles.
Au niveau du Val-de-Marne, la direction de La Poste brise le service public depuis plusieurs années. Certains jours, aucun courrier n’est distribué. De nombreux citoyens reçoivent leurs lettres avec du retard, ce qui leur coûte cher en agios ou en pénalité lorsqu’il s’agit d’urgences bancaires ou administratives. D’autres jours, les bureaux de poste affichent porte close sans aucune annonce préalable. Les horaires d’ouverture sont réduits, tandis que les bureaux de Charenton, Fontenay, Le Perreux et Noiseau ont fermé en 2017. Ceux de Boissy L’Orangerie et Cachan La Plaine sont menacés d’ici la fin de l’année 2018. Elle lui demande sur quelles bases ces six communes ont été sélectionnées pour être privées de service postal.
Enfin, l’État n’est pas un employeur à la hauteur de ses agents. En tant que responsable ministériel, elle lui demande la publication du nombre absolu et en équivalent-temps plein des emplois atypiques à La Poste (intérims, CDD) pour chaque département. Elle souhaite ainsi comprendre si la précarisation des effectifs est un mouvement général sur le territoire ou si elle est concentrée dans certaines zones délaissées.
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Source: Actualités La France insoumise

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