Il faut poser les bases d'une véritable politique européenne d'immigration et d'asile

Monde

Au lendemain d’un Conseil européen extraordinaire consacré aux drames survenus en Méditerranée, l’UMP exprime sa déception devant des décisions qui ne sont clairement pas à la hauteur du défi auquel nous sommes confrontés.A l’évidence, la politique européenne d’immigration n’est pas à la hauteur des enjeux et ce ne sont pas les demi-mesures décidées hier qui vont changer cette situation. Les dirigeants européens n’ont pas pris les décisions fortes que les Européens attendaient. La responsabilité de François Hollande dans cet échec est immense. Depuis trois ans, comme il l’a avoué lui-même, la France n’a pas de politique en Libye, pas de politique en méditerranée. Depuis trois ans, François Hollande assiste en spectateur passif à ces drames à répétition. Quelles initiatives a-t-il prises en Méditerranée, où la France a pourtant un rôle moteur à jouer ?Les décisions du Conseil européen d’hier sont une triste illustration de cette impuissance.Il aurait fallu un plus grand niveau d’ambition et une véritable mobilisation européenne, à l’image de ce qui avait été réalisé avec l’opération Atalante lancée en 2008, sous l’impulsion de la France, pour lutter contre la piraterie dans le golfe d’Aden et au large des côtes somaliennes. Depuis longtemps, les moyens financiers, opérationnels et humains de Frontex, aujourd’hui très faibles (100 millions d’euros par an) auraient dû être très fortement augmentés, comme l’UMP n’a cessé de le réclamer à l’Assemblée Nationale et au Sénat ainsi qu’au Parlement européen. Les crédits supplémentaires dégagés lors de la réunion d’hier ne représentent pas plus que ce que la seule Italie consacrait à l’opération Mare Nostrum, et les ressources en bâtiments et avions proposés par les États ne sont en rien comparables avec le niveau d’ambition et de mobilisation consacré à Atalante.Il aurait fallu lancer un ambitieux plan de coordination des actions de police et des services pour traquer et condamner sévèrement les réseaux criminels de passeurs qui exploitent scandaleusement la misère des migrants.Enfin, il aurait posé enfin les bases d’une véritable politique européenne d’immigration et d’asile, dont l’UE ne pourra faire l’économie, et sur laquelle la France devrait être en pointe. Il faut envoyer un signal clair à ceux qui ne remplissent pas les conditions de demande d’asile qu’ils ne pourront pas rester sur le sol européen. Il faut se montrer beaucoup plus ferme sur la question des retours. Il faut lancer sans délai une réforme en profondeur Schengen : le Schengen 2 qu’il faut impérativement bâtir devra permettre un contrôle beaucoup plus efficace aux frontières européennes en permettant de suspendre ou d’exclure les Etats défaillants qui ne tiennent pas leur frontière.Pour mieux faire oublier trois années d’impuissance et de passivité, Monsieur Hollande attaque honteusement Nicolas Sarkozy sur la Libye alors que l’intervention internationale conduite sous mandat de l’ONU grâce au leadership de la France avait permis d’éviter le massacre par Kadhafi de son propre peuple et conduit aux premières élections libres en juillet 2012. Qu’a-t-on fait de ce succès ? Pourquoi, depuis trois ans, la France a-t-elle laissé tomber la nouvelle Libye au lieu de l’aider à bâtir sa jeune démocratie ? M. Hollande l’a d’ailleurs lui-même reconnu quand il a déploré qu’il n’y ait eu « aucune réflexion » sur la Libye depuis trois ans. Quel aveu !Les décisions prises hier sont donc décevantes. Elles ne sont pas à la hauteur de l’enjeu. Il est temps que M. Hollande sorte de son insupportable passivité et de sa vision angélique des problèmes d’immigration.Pierre LEQUILLERSecrétaire National à l’EuropeDéputé des Yvelines
Source: Actualités UMP

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