La traçabilité c’est formidable ! Il n’aura fallu que quelques jours pour savoir que les lasagnes à la viande de cheval-déguisé-en-bœuf qui défraient actuellement la chronique ont été fabriquées au Luxembourg par Tavola, société liée à Comigel, le fournisseur de Findus, à partir d’une viande vendue par Spanghero, une entreprise établie à Castelnaudary et chapeautée par la holding Poujol. Cette dernière aurait acquis la viande auprès d’un trader chypriote, qui a sous-traité la commande à un autre trader résidant aux Pays-Bas. Ce dernier se serait procuré la viande auprès d’un abattoir en Roumanie. Quelle transparence ! Bientôt vous connaîtrez le nom du cheval que vous avez mangé. La modernité est en marche. Elle irradie nos usines agroalimentaires et nos abattoirs. Le président de l’Association nationale des industries alimentaires explique ainsi que le test ADN est la seule façon pour les professionnels de différencier la viande de bœuf de celle du cheval. On se demande comment les bouchers d’autrefois faisaient pour ne pas se faire refiler des rosses peu recommandables. Peut-être qu’ils touchaient la viande ? Un crime contre l’hygiène ! Plus scrupuleuse, la société Spanghero explique par communiqué que la viande reçue a été transmise sans aucune transformation. Elle prétend qu’elle n’a même pas été déballée. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir pratiqué des analyses bactériologiques qui se sont révélées conformes. A travers le plastique, trop fort ! Dommage qu’ils aient oublié de demander à l’appareil si l’intérieur du plastique était bien en bœuf.
L’Union européenne n’a jamais osé prétendre sérieusement qu’elle défendait les travailleurs. Mais en échange des sacrifices qu’elle leur réclamait, elle a toujours clamé qu’elle les protégeait farouchement en tant que consommateurs. Hélas la qualité de la nourriture n’est apparemment pas plus compatible que le progrès social avec la concurrence libre et non faussée et la maximisation de valeur pour l’actionnaire dont elle fait sa loi suprême. Dans cette cascade de sous-traitance transfrontalière, il faut bien que chacun gratte quelque-chose. Apparemment il y en a un qui a gratté un peu fort. Et la main invisible du marché est restée désespérément aveugle sur la qualité finale du produit. C’est le premier ministre britannique qui a levé le

Leave a Comment
Partager
Posté par

Derniers articles

Conférence nationale du handicap : l’école inclusive mérite mieux qu’un bilan en trompe-l’oeil

Communiqué du groupe LFI A l’occasion de la 7e Conférence nationale du handicap (CNH) ce…

septembre 4, 2026

Plan Genevard : 1 milliard pour ne surtout rien changer

Communiqué du groupe LFI Le monde agricole a traversé cet été une crise inédite, subissant…

septembre 4, 2026

Encadrement des loyers : les multipropriétaires doivent respecter la loi.

Communiqué du groupe LFI La Fondation pour le Logement des Défavorisés publie aujourd’hui son 6e…

septembre 3, 2026

Face à l’épidémie d’Ebola, la France doit augmenter son engagement contre la propagation des maladies écologiques !

Communiqué du groupe LFI à l’Assemblée nationale L’épidémie d’Ebola en République Démocratique du Congo a…

septembre 3, 2026

Crise climatique : l’urgence agricole ! Plan d’urgence du groupe parlementaire de La France insoumise

Télécharger le plan Face à la crise agricole et au changement climatique, les agriculteurs ne…

septembre 3, 2026